Casier judiciaire : la Guinée amorce une nouvelle ère numérique dans l’administration judiciaire

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Le gouvernement guinéen a officiellement lancé, ce vendredi 8 mai 2026 à Conakry, le processus de digitalisation de la gestion des bulletins du casier judiciaire. Portée par la Direction générale du Casier judiciaire central sous l’égide du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, cette réforme ambitionne de moderniser l’administration judiciaire et de faciliter l’accès des citoyens aux services liés au casier judiciaire.

La cérémonie officielle a été présidée par le Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara. Plusieurs membres du gouvernement ont pris part à l’événement, notamment le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Ahmed Mohamed Oury Diallo, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, ainsi que la ministre de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, Pauline Adeline Patricia Lamah.

 

 

Des responsables du système judiciaire, parmi lesquels le procureur général, des chefs de juridiction et des chefs de greffe venus de plusieurs cours et tribunaux du pays, ont également assisté à cette cérémonie marquant une étape importante dans la modernisation de la justice guinéenne.

Dans son intervention, le Directeur général du Casier judiciaire central, Boubacar Baldé, a rappelé les nombreuses difficultés liées à l’ancien système de gestion des bulletins judiciaires, longtemps effectué de façon manuelle. Selon lui, cette méthode traditionnelle engendrait « la lenteur administrative, la complexité des procédures, la possibilité de fraude documentaire et les difficultés d’accès pour les citoyens vivant à l’intérieur du pays ou à l’étranger ».

Le responsable a insisté sur le rôle central du bulletin du casier judiciaire dans le fonctionnement administratif et judiciaire du pays, le qualifiant d’outil essentiel pour la sécurisation juridique et la gestion des antécédents judiciaires.

Boubacar Baldé a expliqué que la digitalisation permettra désormais d’améliorer la qualité des prestations offertes aux citoyens, de réduire les délais de traitement des demandes et de renforcer la sécurité des données ainsi que celle des documents délivrés. Il a également évoqué une meilleure traçabilité des informations judiciaires et une sécurisation accrue des recettes judiciaires.

Il a par ailleurs salué l’engagement des autorités guinéennes dans la mise en œuvre de cette réforme qu’il considère comme « une avancée majeure » pour le système judiciaire national. Prenant la parole à son tour, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a affirmé que cette initiative s’inscrit dans la dynamique de modernisation engagée par les autorités du pays.

« La justice constitue l’un des piliers fondamentaux de l’État de droit. Elle doit être accessible, crédible, efficace, moderne et adaptée aux exigences de notre temps », a déclaré le Garde des sceaux.

Le ministre a estimé que le lancement du processus de digitalisation des bulletins du casier judiciaire représente « une étape historique dans la réforme du système judiciaire » guinéen.

Il a souligné que cette transformation numérique permettra de réduire significativement les délais de délivrance des bulletins, tout en limitant les risques de falsification grâce à une meilleure sécurisation des données judiciaires. Pour Ibrahima Sory II Tounkara, cette réforme contribuera également à améliorer l’accessibilité des services judiciaires pour les citoyens sur toute l’étendue du territoire national, à renforcer la transparence dans la gestion des procédures et à moderniser durablement l’administration judiciaire. Le ministre a, en outre, insisté sur la nécessité d’une implication collective de tous les acteurs concernés, notamment les magistrats, greffiers, techniciens et partenaires institutionnels, afin d’assurer la réussite de cette transformation numérique.

« Nous devons collectivement veiller à ce que cet outil numérique soit utilisé avec rigueur, professionnalisme et dans le strict respect des règles relatives à la protection des données personnelles et des droits des citoyens », a-t-il déclaré.

Avant de procéder au lancement officiel du projet, le Garde des sceaux a invité l’ensemble des acteurs du secteur judiciaire à s’approprier cette réforme afin de faire du système judiciaire guinéen « un modèle de modernité et d’efficacité au service des citoyens ».

 

 

À travers cette initiative, les autorités guinéennes entendent renforcer l’efficacité de la justice, rapprocher davantage les services publics des citoyens et promouvoir une administration judiciaire plus moderne, transparente et sécurisée.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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