Mohamed Sacko jugé en appel pour abus de confiance : la partie civile réclame 50 000 dollars et plus d’un milliard de francs guinéens de dommages et intérêts

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LeRenifleur Judicalex Guinée 11/05/2026

Le procès en appel de Mohamed Sacko, poursuivi pour abus de confiance portant sur un montant de 45 000 dollars, s’est poursuivi ce lundi 11 mai 2026 devant la Cour d’appel de Conakry. L’audience de ce jour a été consacrée aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries des avocats. La partie civile réclame 50 000 dollars à titre principal ainsi qu’un milliard 500 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts. Selon nos informations, le prévenu Mohamed Sacko aurait perçu des mains de dame Aminata Koumbassa la somme de 45 000 dollars afin de lui acheter une maison à Conakry. Malheureusement, la maison n’a jamais été acquise. C’est ainsi que dame Aminata Koumbassa a porté plainte contre Mohamed Sacko.

Ce dernier a ensuite été arrêté puis jugé par le tribunal correctionnel de Dixinn, où il a été déclaré coupable des faits mis à sa charge. Il a été condamné à un an d’emprisonnement ferme ainsi qu’au paiement d’une amende de 10 millions de francs guinéens. Sur l’action civile, il a également été condamné à verser à la partie civile une somme de 35 000 dollars pour tous préjudices confondus.

Contestant cette décision, le prévenu a interjeté appel devant la Cour d’appel de Conakry. Le dossier a ainsi été évoqué ce lundi 11 mai 2026 devant cette juridiction supérieure.

Prenant la parole, le conseil de la partie civile, en l’occurrence Maître Kobélé Keïta, a indiqué à la Cour que sa cliente avait subi un préjudice considérable. L’avocat a demandé à la Cour de condamner le prévenu au paiement de 50 000 dollars à titre principal et d’un milliard 500 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

« Il a détourné l’argent de ma cliente. On lui a remis cet argent afin d’acheter une maison, mais il a utilisé les fonds à ses propres fins. C’est une confiance trahie. Aujourd’hui, ma cliente n’a ni sa maison ni son argent. Elle attend de votre juridiction une réparation. Nous sollicitons 50 000 dollars à titre principal et un milliard 500 millions de francs guinéens pour tous préjudices confondus », a plaidé l’avocat.

De son côté, le ministère public a estimé que « l’infraction est établie » à l’encontre de Mohamed Sacko. L’avocat général a toutefois demandé à la Cour d’infirmer partiellement la décision rendue en première instance.

« Après avoir reçu l’argent, il devait acheter la maison conformément à ce qui avait été convenu. Malheureusement, il ne l’a pas fait. Il affirme avoir perdu l’argent. Il n’y a ni maison ni restitution des fonds au propriétaire. Donc, l’infraction d’abus de confiance est établie. Sacko lui-même a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure ; il ne les a jamais niés. C’est pourquoi le ministère public sollicite l’infirmation partielle de la décision de première instance en le condamnant à un an d’emprisonnement avec sursis. Pourquoi le sursis ? Parce que la réparation civile est plus importante que la prison, surtout qu’il y a déjà eu un début de paiement », a requis l’avocat général.

La défense, quant à elle, a tenu à préciser qu’il s’agissait « d’un montant de 45 000 dollars et non de 50 000 dollars ». Elle a également soutenu qu’« aujourd’hui, il ne reste que 23 000 dollars sur le montant principal de la condamnation ».

« Nous vous prions donc de le condamner avec sursis, car il a déjà commencé à rembourser », a plaidé la défense.

Après avoir entendu toutes les parties, la Cour a mis l’affaire en délibéré pour une décision attendue le 8 juin 2026.

 

Par Sadialiou Barry, pour judicalex-gn.org

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