CRIEF : des prévenus absents à l’audience risquent un mandat d’amener

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Renvoyée pour la citation de la partie civile et des prévenus, l’affaire opposant Maître Aboubacar Ouattara à plusieurs accusés a été appelée à l’audience du mardi 12 mai 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Les quatre prévenus cités dans le dossier, à savoir Fatoumata Traoré, Bintou Doumbouya, Sékou Keita et Fayala Traoré, ont tous brillé par leur absence. Ils sont poursuivis pour des faits présumés « d’escroquerie, d’abus de confiance, de complicité, de faux et usage de faux ».

À la barre, l’avocat du plaignant, Maître Amadou Bah, a exposé les griefs formulés contre le jugement rendu le 21 juillet 2012 par le tribunal de première instance de Dixinn, lequel avait déclaré les prévenus non coupables des faits qui leur étaient reprochés.

Selon lui, cette décision viole notamment les dispositions des articles 403, 428, 161, 107, 19 et 485 du Code pénal. Il a expliqué que le juge avait estimé que son client, Maître Aboubacar Ouattara, avait traité avec la société « TATA et Frères » et non directement avec dame Fatoumata Traoré.

D’après l’avocat, cette dernière aurait présenté un contrat de fourniture d’équipements militaires attribué à Mohamed Diané, ancien ministre de la Défense. Un document que la partie civile considère comme faux, dans la mesure où l’ex-ministre aurait nié être signataire d’un tel contrat.

Concernant Sékou Keita, la partie civile affirme qu’il aurait usé de manœuvres pour obtenir la libération de Fatoumata Traoré, en convainquant le plaignant de privilégier un règlement à l’amiable.

« Il a dit que Madame Fatoumata Traoré avait des camions et qu’on pouvait les vendre pour restituer son argent. Ce qui n’était pas vrai », a déclaré Maître Amadou Bah devant la Cour.

S’agissant de Fayala Doumbouya, l’avocat soutient que ce dernier était chargé de réceptionner les véhicules commandés.

Malgré l’absence des prévenus, la partie civile a demandé la poursuite des débats. Maître Amadou Bah a rappelé que les mis en cause avaient déjà refusé de comparaître devant la Cour d’appel de Conakry, juridiction qui s’était ensuite déclarée incompétente en raison du montant du préjudice estimé à près de onze milliards de francs guinéens.

L’avocat a également attiré l’attention de la Cour sur le fait que plusieurs mandats avaient déjà été délivrés contre les prévenus pour leurs absences répétées, sans jamais être exécutés.

« Pour éviter que la même situation ne se reproduise ici, ce sont surtout les intérêts civils qui nous préoccupent. Jusqu’à présent, Maître Ouattara continue de dépenser dans cette affaire », a-t-il souligné.

Du côté du ministère public, le substitut du procureur a estimé que les prévenus n’avaient présenté aucune excuse valable  maladie, obligation professionnelle ou absence du territoire, alors qu’ils avaient été régulièrement cités à comparaître.

« La peine encourue pour les faits d’escroquerie dépasse deux ans d’emprisonnement. C’est pourquoi nous demandons qu’un mandat soit décerné contre eux », a requis Biwon Millimouno.

Après avoir entendu les différentes parties, la Cour, présidée par Francis Kova Zoumanigui, a renvoyé l’affaire au 19 mai 2026 pour la comparution des prévenus.

Il convient de rappeler que si Fatoumata Traoré, Bintou Doumbouya, Sékou Keita et Fayala Traoré ne se présentent pas à cette prochaine audience, ils pourraient faire l’objet d’un mandat d’amener ou d’un mandat d’arrêt.

 

Affaire à suivre...

 

 

Par ODD, pour Judicalex-gn.org

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