CRIEF : Mohamed Lamine Bangoura clame son innocence, l’affaire renvoyée au 20 mai pour l’audition de la partie civile

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L’affaire opposant Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, à l’État guinéen a de nouveau été évoquée ce lundi 18 mai 2026 devant la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Après le juge et le procureur, c’était au tour de l’avocat de l’Agent judiciaire de l’État ainsi qu’à la défense de poser leurs questions.

Mohamed Lamine Bangoura a plaidé non coupable des faits de « détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité » qui lui sont reprochés.

La gestion de la subvention allouée à la Cour constitutionnelle, le loyer du bâtiment qui abritait cette institution ainsi que les fonds spéciaux ont largement dominé les débats de ce lundi. Comme lors des précédentes audiences, Mohamed Lamine Bangoura a expliqué à la Cour que l’institution qu’il a dirigée de 2018 à 2021 bénéficiait de 4 milliards 800 millions de francs guinéens par an, soit 1 milliard 200 millions par trimestre.

Le prévenu a également précisé que l’utilisation de ces fonds était décidée par un comité de trésorerie qu’il avait institué. « J’étais ordonnateur », a-t-il déclaré.

Une déclaration contredite par l’un des conseillers, selon l’avocat de l’État.

« Docteur, ce n’est pas ce qu’a dit M. Terana Sanoh. Dans son procès-verbal, il affirme que le comité de trésorerie n’a été qu’une fiction », a rapporté Maître Pépé Antoine Lamah, avant de demander au prévenu ce qu’il pensait de cette déclaration.

Face au silence de Mohamed Lamine Bangoura, l’avocat a poursuivi en citant d’autres conseillers de la Cour, notamment Ansoumane Sacko, Fatoumata Morgan, Cécé Théa et Daye Kaba, qui auraient tous décliné leur niveau de responsabilité à l’époque au sein de la Cour constitutionnelle présidée par Mohamed Lamine Bangoura. Des déclarations tendant à dégager toute responsabilité liée à la gestion de la subvention.

Abordant la question des fonds spéciaux, le prévenu a estimé qu’il n’avait aucune justification à fournir à ce sujet. « Dans la déontologie comptable, un fonds spécial ne fait pas l’objet de justification », a tranché Mohamed Lamine Bangoura.

Toutefois, il a évoqué les 15 milliards de francs guinéens mis à sa disposition lors des scrutins référendaire, législatif et présidentiel organisés sous le magistère d’Alpha Condé.

Concernant l’avenant de 3 milliards relatif au loyer du bâtiment ayant servi de siège aux Cours constitutionnelle et des comptes, le prévenu a réitéré que c’est après la décision du bailleur de faire passer le contrat de 8 à 11 milliards qu’il a apposé sa signature. Selon lui, sa responsabilité s’est limitée à cet acte.

« Après que le bailleur a effectué des travaux de rénovation et d’équipement, j’ai demandé au secrétaire général de se rapprocher de son collègue de la Cour des comptes pour étudier le dossier. Ils ont travaillé dessus pendant un mois avant de me dire que tout était bon. J’ai alors signé. Je rappelle également que ce montant n’a été ni versé à mon niveau ni sur le compte de la Cour constitutionnelle », a affirmé l’ex-président de ladite institution judiciaire.

La Chambre de jugement de la CRIEF, après avoir constaté l’absence de l’avocate de Lanciné Kanko Kourouma, l’une des parties civiles, s’est contentée de l’identifier avant de renvoyer l’affaire au 20 mai pour son audition.

 

Par ODD, pour Judicalex-gn.org

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