Procès du DG de Jean Paul II : deux témoins, dont l’ex-DG du Budget, attendus à la CRIEF

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L’interrogatoire de Soriba Soumah, directeur général du Centre national de formation appliquée de Jean Paul II, s’est poursuivi ce lundi 18 mai 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Sa participation à la passation du marché de fourniture et d’équipements du CNFSA avec AT Multiservices, ainsi que le décaissement de fonds sans justification sur le compte de Jean Paul II, ont largement dominé les débats.

Sur ces deux questions, le prévenu a d’abord expliqué à la Cour que c’est la personne responsable des marchés publics (PRMP) qui a attribué le marché sur la base d’un appel d’offres.

Ensuite, Soriba Soumah a réitéré que le décaissement des fonds incriminés avait été effectué par son comptable en son nom, à travers la falsification de sa signature. « On ne peut pas m’imputer ces agissements », s’est-il défendu à la barre.

Les termes de la clause du contrat de fourniture d’équipements au Centre national de formation appliquée de Jean Paul II ont été rappelés lors de cette audience et, pour asseoir sa conviction, la Cour a appelé à la barre le bénéficiaire du contrat. Ismaël Traoré a confirmé que c’est sa société qui avait obtenu le marché à hauteur de 11 milliards 921 millions de francs guinéens et qu’il avait reçu plus de 3 milliards de francs guinéens, soit 30 % du montant, à titre d’acompte, pour un délai contractuel de livraison de 30 jours.

Un délai qu’il n’a pas pu respecter pour plusieurs raisons, a-t-il justifié :

« Le retard dans la livraison des équipements était dû à trois principaux facteurs : la conception du scanner, qui a nécessité quatre mois en raison de ses spécificités techniques, notamment les caractéristiques 16.32, ainsi que l’existence d’autres commandes chez le fabricant ; les difficultés liées aux transactions financières ; et les perturbations du transport maritime dues à la congestion du port de Conakry », a énuméré Ismaël Traoré.

Par ailleurs, ce prévenu assure que les équipements en question avaient bel et bien été achetés et embarqués à bord d’un bateau à destination de Conakry.

Lors de la dernière audience, M. Soriba Soumah soutenait que ledit navire était attendu le 9 mai dernier. Interrogé sur cette déclaration, le prévenu a tenté à nouveau de se défendre, soutenant ainsi qu’il ne pouvait pas être tenu responsable des défaillances de la société contractante chargée de la fourniture des équipements.

C’est dans ce contexte que l’affaire a été renvoyée au 20 mai pour la comparution de Mohamed Karifa Diawara, ancien directeur général du Budget, et de Mohamed Fodé Bérété, personne responsable des marchés publics, tous deux témoins dans cette affaire.

Avant ce renvoi, les avocats de la défense ont sollicité la mise en liberté de leurs clients, Soriba Soumah et Ismaël Traoré, sans succès. Ces deux cadres sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et complicité.

Affaire à suivre !

 

Par ODD,  pour Judicalex-gn.org

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