CRIEF : Sékou Keita et plusieurs autres personnes jugés dans une affaire d’escroquerie portant sur plusieurs milliards

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Cités à comparaître devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), seuls deux des quatre prévenus ont répondu présents à l’audience de ce mardi 19 mai 2026. Il s’agit de Fatoumata Traoré et de Sékou Keita.

Quant à Fayala Traoré et Bintou Doumbouya, ils ont brillé par leur absence. Leur avocate a informé la Cour, présidée par Francis Kova Zoumanigui, que l’un se trouve à Norassoba, dans la préfecture de Siguiri, tandis que l’autre, désormais mariée, réside actuellement à l’étranger.

Des explications qui, aux yeux du procureur spécial, n’empêchent nullement l’ouverture des débats après l’identification des prévenus présents à la barre.

« Monsieur le président, la responsabilité pénale est personnelle et nous vous demandons d’ordonner l’ouverture des débats », a rappelé Alphonse Charles Wright.

La défense s’est alignée derrière cette demande.

Interrogée sur les faits présumés d’escroquerie, d’abus de confiance, de complicité de faux et usage de faux portant sur 3 milliards 682 millions 170 mille francs guinéens et 584 950 euros, Fatoumata Traoré a nié les accusations.

« Nous ne pouvons même pas savoir exactement, parce que les prétentions varient d’un niveau à un autre, au point que nous avons ces problèmes-là. Mais ce sont des montants énormes qui, en tout cas, s’ils étaient établis, relèvent forcément de la compétence de la CRIEF. Parfois, ils parlent de 11 milliards, parfois de plusieurs milliards. Nous-mêmes, nous ne savons pas concrètement combien ils réclament. Mais vous serez situés par rapport à tous ces éléments-là », a déclaré Maître Lancei 3 Doumbouya.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a poussé cet avocat de la défense à solliciter de la Cour un exposé des motifs d’appel de la partie civile.

Appuyée par le ministère public, la partie civile s’y est opposée, rappelant que cela avait déjà été fait lors de la précédente audience et qu’il était hors de question pour la Cour de revenir en arrière, d’autant plus que les prévenus ont constamment brillé par leur absence aux audiences.

« Ils ont été régulièrement cités à comparaître devant la Cour. Ce n’est pas aujourd’hui qu’ils peuvent venir se prévaloir de leur propre turpitude. On ne peut pas être régulièrement cité et, le jour de l’audience, demander encore qu’on reprenne les motifs déjà exposés. Nous avons estimé que c’est dilatoire », a lancé Maître Amadou Bah, avocat du plaignant Aboubacar Ouattara.

L’autre motif ayant conduit au renvoi de l’audience à huitaine est l’absence d’un interprète.

Contrairement à la première demande, les différentes parties au procès se sont accordées sur ce renvoi afin de permettre au parquet spécial de trouver un interprète capable de retranscrire fidèlement les propos de la prévenue, qui avait déjà entamé sa déposition.

Avant d’accorder ce renvoi au mardi 26 mai prochain, le juge Francis Kova Zoumanigui a rassuré les parties que le principe du contradictoire serait observé dans toute sa rigueur.

 

Par ODD pour Judicalex-gn.org

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