Guinée : le président de l’Union internationale des huissiers boucle sa visite en apothéose

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Le président de l’Union internationale des huissiers, Marc Schmitz, et son vice-président, Jean Didier Bidie, ont bouclé leurs activités ce mercredi 20 mai 2026 à Conakry. C’est à travers une assemblée extraordinaire de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée (CNHJG), tenue à la Cour d’appel de Conakry, que les émissaires ont clôturé cette visite de travail en Guinée. Devant leurs pairs guinéens, Marc Schmitz a soutenu que cette visite témoigne de la volonté commune de construire une justice toujours plus efficace, plus moderne et surtout plus humaine.

Plusieurs membres de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée (CNHJG) ont pris part à la rencontre.

Pour planter le décor, Me Sory Daouda Camara, président honoraire de la CNHJG, a souligné que le passage de Marc Schmitz et de son vice-président Jean Didier Bidie a constitué « un coup de balai ». Il estime qu’après leur départ, un véritable changement interviendra.

 

 

« Le président Marc Schmitz et son vice-président Jean Didier Bidie sont là pour nous porter secours. Parce que vous connaissez le quotidien de l’huissier guinéen. Vous connaissez les difficultés qui assaillent la profession. Vous savez ce que nous traversons au quotidien. Je crois que leur passage a été un coup de balai. Parce que j’en suis sûr et certain, il y aura du changement après leur départ », a déclaré Me Sory Daouda Camara.

Sur la même lancée, Me Aboubacar Camara, président de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, a fait savoir qu’une véritable histoire d’amour et de fidélité lie la CNHJG à l’Union internationale des huissiers de justice. Il a profité de l’occasion pour solliciter un accompagnement technique.

 

« Aucune rencontre n’est fortuite. L’histoire qui lie la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée à l’Union internationale des huissiers de justice est une véritable histoire d’amour et de fidélité. Aujourd’hui, nous en tirons le plus grand avantage possible. C’est plus qu’une opportunité. Si les pays coopèrent pour construire une union solide, les corporations doivent également s’unir pour faire face aux grands défis du moment. L’Union internationale des huissiers de justice est un modèle d’intégration dont les actions méritent d’être perpétuées. À travers cette visite empreinte de valeurs humaines et de messages poignants, vous avez su, avec tact et mesure, mettre l’accent sur l’importance de l’huissier de justice dans la chaîne judiciaire et sur la problématique de l’exécution des décisions judiciaires, notamment les réquisitions qui assaillent quotidiennement les praticiens que nous sommes. Le message est arrivé à destination. Désormais, certaines questions seront traitées avec délicatesse. C’est une avancée considérable. On peut affirmer sans ambages que notre institution a franchi une étape importante de son histoire. Nous profitons par ailleurs de cette occasion pour solliciter de votre part un accompagnement technique dans le cadre de la formation continue et de la documentation, afin de construire et façonner l’huissier de justice guinéen pour qu’il soit mieux outillé », a déclaré le président de la CNHJG.

Pour sa part, Marc Schmitz, président de l’Union internationale des huissiers, a tout d’abord exprimé sa profonde gratitude à l’endroit des autorités guinéennes, tout en saluant la qualité de l’organisation.

Il a fait savoir que :

« Cette visite officielle marque une étape importante dans le renforcement des relations entre l’Union internationale des huissiers de justice et la profession en Guinée. Elle témoigne également de la volonté commune de construire une justice toujours plus efficace, plus moderne et surtout plus humaine », a-t-il indiqué.

Il a également rappelé que, parmi les problématiques évoquées au cours des échanges avec les autorités judiciaires guinéennes, la question de la réquisition de la force publique a occupé une place centrale.

 

 

« Hier, nous avons eu l’honneur d’être reçus par Son Excellence Monsieur le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, garde des Sceaux de la République de Guinée, ainsi que par le premier président de la Cour suprême. Je tiens à les remercier sincèrement pour leur disponibilité, leur écoute attentive et surtout pour la qualité particulièrement constructive des discussions que nous avons eues. Nos échanges ont porté sur les réalités concrètes auxquelles les huissiers de justice guinéens sont confrontés au quotidien dans l’exercice de leur mission. Parmi les problématiques évoquées, la question de la réquisition de la force publique a naturellement occupé une place centrale. Car chacun le sait, une décision de justice qui ne peut être exécutée perd une grande partie de sa portée. La justice ne peut pas rester théorique. Elle doit être concrète, effective et accessible. Et cette effectivité passe nécessairement par l’exécution des décisions rendues par les juridictions. Nous avons eu des discussions franches, ouvertes et surtout positives sur ce sujet essentiel. Nous avons été particulièrement sensibles à l’engagement exprimé par les autorités guinéennes de parler franchement de ces problématiques et de travailler activement à la recherche de solutions concrètes et durables. Cet engagement est fondamental. Il témoigne d’une compréhension claire du rôle indispensable joué par les huissiers de justice dans un État de droit », a-t-il expliqué.

Marc Schmitz a par ailleurs mis un accent particulier sur le rôle important joué par les huissiers de justice dans un monde rythmé par l’intelligence artificielle.

« Nous vivons aujourd’hui une époque où tout semble s’accélérer. La digitalisation transforme nos sociétés et l’intelligence artificielle modifie progressivement nos méthodes de travail. Les procédures se dématérialisent et les échanges deviennent virtuels. Mais au milieu de ces transformations, une chose demeure essentielle : l’humain. La technologie doit être un outil au service de la justice. Elle peut améliorer l’efficacité, faciliter l’accès à l’information et accélérer certaines procédures. Mais elle ne remplacera jamais la présence humaine sur le terrain. Elle ne remplacera jamais la capacité d’écoute de l’huissier de justice. C’est pour cette raison que le rôle de l’huissier de justice reste plus essentiel que jamais dans nos sociétés modernes. Cette réalité se reflète d’ailleurs parfaitement dans le thème de la prochaine Journée mondiale des huissiers de justice, qui sera organisée par l’Union internationale le 11 juin prochain. Le thème retenu cette année est : “L’huissier de justice, acteur de terrain dans un monde en mutation”. Cette Journée mondiale constitue un moment important pour notre profession à travers le monde. Elle permet de rappeler à nos concitoyens, aux autorités publiques et à l’ensemble des acteurs judiciaires le rôle indispensable joué par les huissiers de justice », a-t-il conclu.

 

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

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