Kankan : un maître coranique écroué pour des soupçons de viols et de pédophilie sur une dizaine d'enfants

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L'onde de choc est profonde à Kankan. Le parquet près le tribunal de première instance a engagé de lourdes poursuites judiciaires à l'encontre d'un maître coranique de 26 ans. L'homme est accusé d'abus sexuels multiples sur des enfants qui lui avaient été confiés, principalement des jeunes filles âgées de 8 à 15 ans. Saisi au cours du mois de mai 2026 suite aux dénonciations des familles des victimes, le parquet a immédiatement confié l'enquête au commissariat central de police. Déféré le 13 mai dernier, le suspect fait face à des chefs d'inculpation accablants.

Les qualifications retenues  sont le viol sur mineur, pédophilie, attentat à la pudeur et incitation des mineurs à la débauche. Devant la gravité extrême de la situation, le ministère public a requis le placement du suspect en détention provisoire et a transféré le dossier à un juge d'instruction.

« Nous avons jugé nécessaire de saisir le juge d’instruction puisqu’il s’agit d’une affaire criminelle et les faits sont très graves », a explicité Mamady 2 Kébé, substitut du procureur de la République.

Selon les premiers éléments de l'enquête, les agissements du quadragénaire (qui affirme être âgé de 26 ans) auraient fait plus d'une dizaine de victimes parmi ses élèves. Au milieu des jeunes filles se trouve également un petit garçon, dont le rôle et l'implication exacte restent à définir par les enquêteurs. Pour étayer le dossier, la justice a ordonné des examens médicaux approfondis. Les conclusions de ces expertises cliniques sont toujours attendues par les magistrats instructeurs.

Le substitut du procureur a tenu à envoyer un signal fort à la population et à la nouvelle équipe judiciaire, affichant une tolérance zéro face à de tels actes. Mamady 2 Kébé a notamment rappelé un principe juridique capital : l'action de la justice ne pourra en aucun cas être stoppée par d'éventuels arrangements à l'amiable ou pardons familiaux.

« Notre équipe du parquet, récemment installée, est franchement intransigeante sur ce genre de questions », a martelé le magistrat.

« Les victimes peuvent pardonner, mais cela n’empêche pas la poursuite des infractions commises, surtout dans les affaires sensibles portant atteinte à la dignité ou à la personne des enfants. (…) Le parquet ne pardonnera jamais ce genre de situation. Rassurez-vous, cette affaire passera à l’audience, inchallah. »

Bien que le parquet se soit engagé à accélérer la procédure en raison du placement en détention provisoire du suspect, aucune date précise n'a encore été avancée pour l'ouverture du procès.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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