CRIEF : vers une autorisation de sortie du territoire pour Kassory Fofana ?

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La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a clôturé les débats dans l’affaire opposant Dr Ibrahima Kassory Fofana à l’État guinéen. Cette étape fait suite à une audience tenue ce lundi 8 juin 2026 à la Clinique Pasteur, située dans la commune de Kaloum, où l’ancien Premier ministre est actuellement alité.

Poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux portant sur un montant de 15 milliards de francs guinéens, Dr Ibrahima Kassory Fofana a pu assurer sa défense en présence de toutes les parties au procès. Une possibilité qui, jusque-là, semblait difficile à obtenir en raison de son état de santé. Au terme de plusieurs heures d’audience, l’un de ses avocats s’est montré optimiste.

 

 

« Nous sommes satisfaits. Pourquoi ? Parce que nous avons obtenu ce que nous demandions depuis le premier degré : que le tribunal accepte de se déplacer vers lui, conformément à la loi. Cela a été obtenu et exécuté. Le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana a eu l’occasion de se défendre contradictoirement. C’est ce qui est important. Le reste, notamment son état de santé, relève de la confidentialité. Le rendez-vous est désormais fixé à la salle d’audience jeudi pour les réquisitions et les plaidoiries. Concernant l’évacuation sanitaire, la question sera mise sur la table des discussions. Mais il est déjà libre. Son insistance ne tient pas uniquement à son état de santé. Il peut parfaitement regagner son domicile. Lorsqu’une personne est malade, elle doit être soignée, surtout dans un État de droit. C’est notre préoccupation. Par ailleurs, les charges retenues ne nous inquiètent pas. Sur les 15 milliards évoqués dans la condamnation, 13 milliards ont déjà été reversés au Trésor public. De plus, il n’était ni administrateur ni coordonnateur des fonds ANIES et MAMRI. Nous restons donc sereins dans ce dossier », a déclaré Me Sidiki Bérété.

L’obtention ou non d’une autorisation de sortie du territoire pour des raisons médicales ne semble toutefois pas constituer la principale préoccupation de l’Agent judiciaire de l’État. Ce dernier affirme plutôt défendre les intérêts civils de l’État dans cette affaire.

À ce sujet, Me Amadou Baba Camara estime disposer de garanties suffisantes pour préserver ces intérêts.

 

 

« M. Kassory est toujours alité et souhaite obtenir l’autorisation de se rendre à l’étranger pour y recevoir des soins. Ni le parquet ni la partie civile ne s’y sont opposés, car il s’agit d’une question de santé. L’État guinéen respecte les principes fondamentaux, notamment le droit à la santé. L’État ne s’est jamais opposé à ce qu’un justiciable se fasse soigner. En tant que partie civile, notre préoccupation porte sur les intérêts civils. Le parquet peut s’opposer à une telle demande s’il estime ne pas disposer de garanties suffisantes. Mais lorsque ces garanties existent, rien ne justifie une opposition systématique. Pour notre part, nous disposons de garanties, notamment à travers des comptes saisis et suffisamment approvisionnés. Quant aux garanties exigées par le parquet, seul le parquet peut se prononcer sur cette question », a expliqué l’avocat.

Interrogé sur la demande d’évacuation sanitaire formulée par les avocats de l’ancien Premier ministre, le procureur spécial de la CRIEF n’a pas donné suite à notre sollicitation. Toutefois, Alphonse Charles Wright s’est contenté d’indiquer que les débats relatifs à la procédure judiciaire se poursuivront à l’audience, tout en réaffirmant sa position habituelle sur le dossier.

L’audience a été renvoyée au 11 juin pour les réquisitions et les plaidoiries.

 

 

Affaire à suivre...

Par ODD,  pour Judicalex-gn.org

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