Délaissement d’un enfant hors d’état de se protéger : plusieurs personnes jugées au TPI de Dixinn

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LeRenifleur Judicalex Guinée 12/06/2026

Le prévenu Ousmane Bangoura et quatre autres personnes ont comparu, le mercredi 10 juin 2026, devant le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn. Il s’agit d’Ousmane Bangoura, M’Mahawa Sylla, Sarah Mansaré, Ibrahima Sory Camara et Étienne Loua.

Tous étaient poursuivis pour « délaissement d’un enfant hors d’état de se protéger », pour avoir laissé leurs enfants mineurs se retrouver tard dans la nuit dans des lieux jugés inappropriés.

À l’ouverture du procès, les prévenus ont plaidé non coupables. Toutefois, le tribunal a déclaré coupables Ousmane Bangoura, M’Mahawa Sylla et Sarah Mansaré. Ils ont été condamnés à trois mois d’emprisonnement avec sursis et au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens chacun.

En revanche, Ibrahima Sory Camara et Étienne Loua ont été renvoyés des fins de la poursuite pour délit non constitué.Ce groupe de cinq personnes, composé de pères et de mères de famille, était en détention depuis le 26 mai 2026.

Selon l’accusation, leurs enfants ont été interpellés lors d’une patrouille nocturne mixte organisée dans la nuit du vendredi 22 mai 2026 par le procureur spécial près le Tribunal pour enfants de Conakry.

Après leur interpellation, les parents ont été entendus sur procès-verbal avant d’être placés sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry. Il leur était reproché d’avoir laissé leurs enfants se retrouver tard dans la nuit dans des endroits considérés comme inadaptés à la vie normale d’un enfant.

À la barre, les prévenus ont tour à tour expliqué les circonstances ayant conduit leurs enfants à se retrouver sur les lieux de leur interpellation.

Ousmane Bangoura a indiqué que c’est lui-même qui avait demandé à ses deux enfants mineurs d’aller aider leur sœur à transporter des bagages.

« Ils ont été interpellés aux environs de 22 heures. C’est moi-même qui leur ai demandé d’aller aider leur sœur à transporter des bagages. Leur mère a été victime d’un accident et est alitée. Les enfants ne sont pas abandonnés. Après leurs révisions à la maison, je leur ai demandé d’aller aider leur sœur. C’est là qu’ils ont été interpellés », a-t-il expliqué.

Pour sa part, M’Mahawa Sylla, coiffeuse de profession, poursuivie pour avoir exposé sa fille Fatoumata Camara, âgée de 9 ans, a affirmé que l’enfant avait été interpellée lors d’une cérémonie de mariage.

« Ce jour-là, c’était le mariage de mon oncle. Je n’étais pas sur les lieux. Fatoumata a suivi d’autres enfants qui se rendaient à la cérémonie organisée au terrain de Lambanyi. Je n’ai pas abandonné mon enfant », a-t-elle déclaré.

Sarah Mansaré, vendeuse de pain, a indiqué qu’elle était souffrante le jour des faits et que sa fille Koumba Mansaré était allée vendre à sa place.

« Je ne me sentais pas bien ce jour-là. Comme j’étais malade, ma fille est allée vendre du pain à ma place. Elle est restée sur les lieux jusqu’à 22 heures avant d’être interpellée », a-t-elle témoigné.

De leur côté, le journaliste Ibrahima Sory Camara et le soudeur Étienne Loua ont soutenu que leurs enfants n’étaient pas en situation d’abandon, puisqu’ils étaient accompagnés de leurs mères au moment des faits.

À l’issue des débats, le ministère public a demandé au tribunal de retenir Ousmane Bangoura, M’Mahawa Sylla, Sarah Mansaré et Étienne Loua dans les liens de la prévention et de les condamner à trois mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’au paiement d’une amende de deux millions de francs guinéens chacun.

Le procureur a toutefois requis la relaxe d’Ibrahima Sory Camara.

La défense, assurée par les avocats Mohamed Sidiki Berété et Michel Labila Sonomou, a plaidé non coupable et sollicité la relaxe pure et simple de leurs clients. Invités à s’exprimer en dernier ressort, les prévenus ont tous demandé la clémence du tribunal.

Statuant sur le siège, le tribunal a finalement renvoyé Ibrahima Sory Camara et Étienne Loua des fins de la poursuite pour délit non constitué.

En revanche, Ousmane Bangoura, Sarah Mansaré et M’Mahawa Sylla ont été reconnus coupables des faits mis à leur charge et condamnés à trois mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens chacun.

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

 

 

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