CRIEF : le parquet requiert 10 ans de prison et 50 millions GNF d’amende contre l’ex-DG du CNFSA, Soriba Soumah

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Le représentant du ministère public près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a requis la condamnation de Soriba Soumah, ancien directeur général du Centre national de formation sociale appliquée (CNFSA), à 10 ans d’emprisonnement, au paiement d’une amende de 50 millions de francs guinéens, à la confiscation de tous ses biens identifiés au profit de l’État ainsi qu’à la publication de la décision aux frais du condamné.

Ces réquisitions portent sur des faits présumés de « détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et complicité », pour un montant estimé à plus de 12 milliards de francs guinéens.

Dans la même dynamique, le procureur a demandé à la Cour de requalifier certains faits et de condamner Ismaël Traoré, entrepreneur et fournisseur d’équipements destinés au CNFSA, à cinq ans d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 25 millions de francs guinéens pour complicité.

Ce lundi 15 juin 2026, le magistrat Biwon Millimouno s’est employé à démontrer les accusations retenues contre les prévenus.

De son côté, l’Agent judiciaire de l’État a sollicité de la Cour qu’elle reçoive sa constitution de partie civile. Évoquant les préjudices subis par l’État, Me Bernard Saâ Dissy Millimouno a énuméré plusieurs montants dont il réclame le remboursement. L’avocat demande ainsi la condamnation de l’ex-directeur du CNFSA, Soriba Soumah, et de son agent comptable, Mohamed Sangaré, actuellement en fuite, au paiement des sommes suivantes :

3 milliards 670 millions 567 mille 215 francs guinéens, représentant 30 % des montants déboursés pour l’acquisition du matériel ;

747 millions 500 mille francs guinéens, correspondant à des activités qui n’auraient jamais été réalisées ;

3 milliards 106 millions 734 mille francs guinéens, montant présumé décaissé frauduleusement ;

270 millions de francs guinéens versés à une société de gardiennage ;

7 millions 20 mille francs guinéens, représentant une partie des recettes du bloc opératoire versée sur le compte Orange Money de Soriba Soumah ;

10 millions de francs guinéens perçus comme prime alors qu’il était suspendu ;

la restitution d’un groupe électrogène estimé à 60 millions de francs guinéens.

Au titre des dommages et intérêts, Me Bernard Saâ Dissy Millimouno sollicite également la condamnation de chacun des trois prévenus au paiement d’un milliard de francs guinéens.

Il demande en outre :

l’exécution provisoire de la décision ;

la confiscation des biens saisis au profit de l’État.

À tour de rôle, les avocats de Soriba Soumah et d’Ismaël Traoré ont dénoncé l’absence de preuves suffisantes pour étayer les accusations portées contre leurs clients. Ils ont, à cet effet, demandé leur relaxe pure et simple pour délits non constitués. La défense a également invité la Cour à tirer toutes les conséquences de droit des déclarations faites à la barre par les témoins.

Invités à prendre la parole une dernière fois pour leur défense, Soriba Soumah et Ismaël Traoré ont déclaré s’en remettre à la volonté divine, estimant que « tout ce que Dieu fait est bon ».

L’affaire a été mise en délibéré. La décision est attendue le 29 juin 2026.

 

 

Par ODD, pour judicalex-gn.org

 

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