Protection des mineurs : Cé Avis Gamy vante un cadre juridique guinéen « à la fois protecteur et répressif »

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Dans le cadre de la célébration du Mois de l’Enfant, le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a franchi les portes de l'université pour sensibiliser la jeunesse aux droits des plus vulnérables. À travers le parquet spécial du Tribunal pour enfants, une importante séance de vulgarisation du Code de l’enfant et de renforcement des capacités s'est tenue ce samedi à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.

Destinée aux étudiants et aux enseignants, cette initiative s’est penchée sur les enjeux cruciaux de la protection de l’enfance et de l’administration de la justice juvénile. Organisé en partenariat avec l’Union européenne et l’ONG Terre des Hommes, l'événement a été marqué par un temps fort : la mise en scène d’un procès fictif portant sur une affaire de viol sur mineur. Une immersion pratique qui a permis à l'assistance de comprendre concrètement les rouages et les spécificités de la justice des mineurs.

À l'issue de cette rencontre, le procureur spécial du Tribunal pour Enfants, Dr Cé Avis Gamy, a exprimé sa profonde satisfaction et décliné les ambitions de son parquet.

Animé par une « immense joie » face à l'ampleur et la réussite de la mobilisation, le procureur spécial a d'abord tenu à saluer le soutien de sa hiérarchie ainsi que l'implication des différents acteurs, notamment le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, les autorités universitaires, les partenaires techniques et les médias.

Pour le magistrat, le choix du milieu universitaire est loin d'être fortuit :

« Cette action s'inscrit en droite ligne avec nos objectifs et le plan que nous avons mis en place pour la vulgarisation du Code de l'enfant. En ce mois de juin, dédié à l'enfance, nous avons voulu magnifier cette célébration en communiant directement avec le monde universitaire. Au sein des universités, les droits des enfants doivent être compris et respectés. Enseignants, étudiants : tout le monde est concerné par la question de la minorité. C’est un enjeu de la République, car les enfants constituent le futur de la Guinée. »

Interrogé sur l'état des lieux de la protection de l'enfance en Guinée, Dr Cé Avis Gamy s'est montré rassurant quant aux outils légaux dont dispose le pays, tout en rappelant les principes de responsabilité pénale des mineurs.

« Il faut se dire que nous avons un cadre juridique complet, à l'instar des autres pays d'Afrique occidentale. La Guinée dispose d'un arsenal à la fois protecteur et répressif. Être mineur ne signifie pas que tout est permis ; la minorité n'est pas une excuse absolue. Le législateur a simplement pris soin d'aménager toutes les procédures nécessaires pour tenir compte, de manière juste, de cet état de minorité. »

En termes de perspectives, le parquet spécial attend un véritable effet multiplicateur de cette journée d'échanges. L'objectif immédiat reste l'appropriation du Code de l'enfant par la communauté universitaire afin que chaque citoyen devienne un relais de vigilance.

« Le résultat attendu est que les étudiants et les enseignants s'approprient pleinement le contenu du Code de l'enfant. Cette question doit devenir le cheval de bataille de chacun pour qu'elle soit inscrite au tableau d'honneur de la République. Nous devons tous conjuguer le même verbe pour assurer une meilleure protection de nos enfants », a martelé le procureur.

Alors que les activités du Mois de l'enfant se poursuivent à travers le pays, le chef du parquet spécial du Tribunal pour enfants a conclu en rappelant l'esprit de cette commémoration

« Ce mois de juin est un temps de réflexion, de communion, de mobilisation et de réexamen des comportements, qu'il s'agisse de l'État, des parents ou de l'ensemble des acteurs de la protection sociale. »

 

 

 

Par Rahamane Mo,  pour Judicalex-gn.org 

 

 

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