Procès du 28 septembre 2009 : Crime contre l’humanité, indemnisations et monument mémoriel, les fortes demandes de la partie civile

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LeRenifleur Judicalex Guinée 22/06/2026

Le procès en appel relatif aux événements du 28 septembre 2009 a franchi une nouvelle étape ce lundi 22 juin 2026 devant le Tribunal criminel de Dixinn, délocalisé dans les locaux du tribunal ad hoc aménagé au sein de la Cour d’appel de Conakry. À la barre, le colonel Bienvenu Lamah, qui occupait les fonctions d’instructeur au camp de formation de Kaléah au moment des faits, a comparu dans le cadre de cette procédure judiciaire. Après la clôture des débats de fond ainsi que l’audition des témoins cités par la partie civile et la défense, les audiences sont désormais consacrées aux plaidoiries des avocats et aux réquisitions du ministère public. Dès l’ouverture de la séance, le président du tribunal, Aboubacar Thiam, a donné la parole aux représentants des parties civiles afin qu’ils exposent leurs arguments.

Premier à intervenir, Maître Hamidou Barry a centré sa plaidoirie sur les éléments factuels et juridiques du dossier. L’avocat a rappelé que cette procédure constitue le prolongement judiciaire des événements survenus le 28 septembre 2009, soulignant que le colonel Bienvenu Lamah est poursuivi pour complicité dans ces faits.

Revenant sur les violences enregistrées lors de cette journée, il a évoqué des actes ayant entraîné la mort de plusieurs citoyens, des violences physiques ainsi que des cas de pillage. Dans la continuité du premier procès, qui s’était conclu par de lourdes condamnations, la partie civile a demandé au tribunal de requalifier les faits en crimes contre l’humanité. Selon les avocats des victimes, cette qualification permettrait d’appliquer les mêmes peines aux auteurs, coauteurs et complices reconnus coupables. Au titre de l’action publique, les représentants des victimes ont sollicité la reconnaissance de la culpabilité du colonel Bienvenu Lamah et la validation de la constitution des parties civiles dans la procédure.

De son côté, Maître Saa Dissi Millimouno a présenté les demandes de réparation formulées au bénéfice des victimes. Il a réclamé une indemnisation de 1 milliard de francs guinéens pour chaque victime de vol ou de pillage, ainsi que pour les personnes ayant subi des coups, blessures ou actes de torture. Pour les familles des personnes décédées ou portées disparues, l’avocat a demandé une compensation de 1,5 milliard de francs guinéens par victime. Concernant les victimes de viol, il a sollicité une réparation de 2 milliards de francs guinéens par personne.

La partie civile a également requis que le colonel Bienvenu Lamah soit condamné à prendre en charge les frais médicaux des victimes qui continuent de souffrir de séquelles liées aux événements.

Au-delà des réparations individuelles, les avocats ont plaidé pour des mesures de réparation collective. Ils ont notamment demandé l’érection d’un monument commémoratif ou la réalisation d’un ouvrage dédié à la mémoire des victimes des événements du 28 septembre 2009. Enfin, ils ont sollicité du tribunal qu’il reconnaisse la responsabilité de l’État guinéen en tant que garant de l’exécution des condamnations civiles qui pourraient être prononcées à l’encontre du colonel Bienvenu Lamah.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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