Affaire Sanana–Gbérédou-Baranama : de lourdes condamnations prononcées par le tribunal de Kankan

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Le Tribunal de Première Instance de Kankan a rendu son jugement ce lundi 22 juin 2026 dans le dossier relatif aux affrontements meurtriers survenus entre les communautés de Sanana et de Gbérédou-Baranama autour de l’exploitation d’un site minier. Cette affaire, qui a profondément marqué la région, portait sur des accusations de meurtre, de complicité de meurtre et de coups et blessures volontaires ayant entraîné plusieurs décès et de nombreux blessés.

Au terme de plusieurs mois d’instruction et de débats devant la juridiction criminelle, le tribunal a prononcé des décisions contrastées. Certains accusés ont été acquittés, les charges retenues contre eux n’ayant pas été suffisamment établies. D’autres, en revanche, ont été reconnus coupables de diverses infractions, notamment de meurtre, de tentative de meurtre, de complicité de meurtre et de violences volontaires.

 

 

Parmi les condamnations les plus sévères figure celle de Nassouba Mamadi Condé, connu sous le surnom de « Le Maire ». Il a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle et au paiement d’une amende de deux millions de francs guinéens. Le mandat d’arrêt émis à son encontre a été maintenu. De son côté, Namory Condé, alias « Kobori », a écopé de 15 ans de réclusion criminelle assortis de la même amende. Plusieurs autres prévenus ont également été condamnés à des peines pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

Sur le plan civil, le tribunal a ordonné aux personnes reconnues responsables de verser solidairement une somme de quatre milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts aux victimes et à leurs ayants droit.

À l’issue du verdict, l’avocat des parties civiles, Maître Ibrahima Kalil Kanté, a exprimé des réserves quant à la décision rendue. Selon lui, plusieurs demandes formulées au cours du procès n’ont pas été prises en compte, notamment celle visant à faire supporter par l’État guinéen les frais de prise en charge de Mamadi Condé, victime d’une amputation. Il estime également que le montant des dommages et intérêts accordés demeure insuffisant. Pour ces raisons, il envisage de saisir la Cour d’appel.

La défense a, elle aussi, annoncé son intention de contester le jugement. Les avocats des condamnés considèrent que la décision comporte des irrégularités et affirment qu’un recours sera introduit afin d’obtenir un réexamen du dossier devant la juridiction supérieure.

Le ministère public, pour sa part, s’est félicité du verdict. Le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Kankan, Fodé Bintou Keïta, a souligné que neuf accusés détenus ont été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Selon lui, cette décision confirme la pertinence des poursuites engagées et constitue un signal fort contre les violences ayant causé des pertes en vies humaines et des mutilations dans la région.

 

 

Si ce jugement apporte une première réponse judiciaire à l’un des conflits les plus marquants enregistrés ces dernières années dans la préfecture de Kankan, l’affaire est loin d’être définitivement close. Les différentes parties disposent désormais d’un délai légal de quinze jours pour interjeter appel, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle étape de la procédure judiciaire.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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