Les ultimes déclarations du colonel Bienvenu Lamah avant le verdict attendu le 27 juillet « Je vais accepter, quel que soit l’issue »

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Les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la partie civile ainsi que de la défense ont pris fin ce lundi devant le tribunal criminel chargé du deuxième volet du procès des Événements du 28 septembre 2009. Avant la clôture des débats, le colonel Bienvenu Lamah a été invité à prendre la parole une dernière fois. Dans une intervention empreinte de foi, de reconnaissance envers les autorités et de fermeté sur sa ligne de défense, l'accusé a réaffirmé son innocence tout en disant accepter le jugement à venir.

Prenant la parole, le colonel Lamah a d'abord rendu grâce à Dieu pour lui avoir permis de comparaître devant la justice et d'exposer « sa part de vérité » dans ce dossier. Il a également adressé ses remerciements au président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, au Premier ministre Amadou Oury Bah, à l'ensemble du gouvernement ainsi qu'aux forces de défense et de sécurité, avec une pensée particulière pour la gendarmerie nationale.

S'adressant ensuite au président du tribunal et à ses assesseurs, il a salué leur conduite des débats durant toute la procédure.

« Vous avez été à la hauteur, vous avez dirigé le débat et vraiment, en ce qui me concerne, quel que soit l'issue, je reste confiant. Je respecte le tribunal », a-t-il déclaré.

Évoquant ensuite la portée historique du dossier, le colonel Lamah a estimé que la Guinée compte désormais « deux 28 septembre » : celui de l'indépendance en 1958 et celui des événements tragiques de 2009. Selon lui, les personnes ayant vécu cette dernière journée ont la responsabilité de dire la vérité.

« Il y a des gens qui sont morts, on ne doit pas accuser des personnes innocentes. On doit dire la vérité quel que soit l'issue. Moi, je vais accepter », a-t-il affirmé.

Revenant sur le fond des accusations, l'accusé a de nouveau soutenu qu'il occupait déjà ses fonctions à l'École nationale de gendarmerie de Kalia avant l'arrivée au pouvoir du CNDD. Il a rappelé avoir produit devant le tribunal une décision administrative datée du 27 juin 2008, signée par le chef d'état-major de la gendarmerie de l'époque, le général Jacques Touré, le désignant comme instructeur dans cette école.

Selon lui, l'établissement a ouvert ses portes le 7 juillet 2008, soit plusieurs mois avant le décès du président Lansana Conté le 22 décembre 2008 et la prise du pouvoir, le lendemain, par le CNDD dirigé par le capitaine Moussa Dadis Camara.

« C'est clair, Monsieur le Président, j'étais à Kalia avant leur arrivée au pouvoir », a-t-il insisté.

Le colonel Lamah a également rejeté toute relation privilégiée avec l'ancien chef de la junte.

« Il n'y a jamais eu de lien entre le Président Dadis et moi. Il n'y a jamais eu de lien avant le pouvoir, pendant le pouvoir et après le pouvoir. C'est lorsque je fus arrêté et que j'étais à la Maison centrale que je l'ai vu », a-t-il soutenu.

L'accusé a aussi réfuté avoir bénéficié des avantages qui, selon certaines déclarations recueillies au cours du procès, auraient été accordés à des responsables militaires sous le CNDD.

« Pendant l'exercice du CNDD, je n'ai jamais bénéficié de décrets ou d'avantages. Les pick-up dont certains parlent, je n'en ai jamais reçu. À l'époque, je roulais sur un vélo que j'avais surnommé "la rumeur". Ceux qui m'ont vu sur ce vélo le savent », a-t-il déclaré.

Sa prise de parole s'est achevée sur une phrase restée incomplète :

« C'est après, et par l'aide de Dieu, que j'ai bénéficié d'une… »

À l'issue de l'audience, le tribunal a annoncé que le jugement sera rendu le 27 juillet 2026, date à laquelle les accusés seront fixés sur leur sort dans ce deuxième volet du procès des événements du 28 septembre 2009.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

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