​Viol sur mineure : 5 ans de prison requis contre Aboubacar Sidiki Bangoura

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LeRenifleur Judicalex Guinée 07/07/2026

Le procès d’Aboubacar Sidiki Bangoura s’est ouvert ce mardi 7 juillet 2026 devant le tribunal de première instance de Mafanco. Accusé de viol sur la mineure M’mawa Soumah, le prévenu a nié les faits. Ce père de famille déclare n’avoir jamais abusé de la jeune fille et soutient que cette accusation découle d’une guéguerre entre les membres de sa famille adoptive, impliquant notamment sa mère.

​Selon la victime, l’accusé se serait rendu au domicile de sa maman. N’y trouvant personne d’autre que M’mawa Soumah, il l’aurait contrainte à avoir des rapports sexuels avec lui sous la menace de mort. Impuissante face à son bourreau, elle a obtempéré. Quelques jours plus tard, Aboubacar Sidiki Bangoura est revenu au domicile avec les mêmes intentions. C’est à ce moment-là que la jeune fille a trouvé le courage de lui opposer un refus catégorique, avant de dénoncer les faits à ses parents. S'en est suivie une plainte qui a abouti à la judiciarisation de l’affaire.

​Au terme des débats, le ministère public a estimé que les accusations portées contre Aboubacar Sidiki Bangoura étaient formellement établies. L'accusation s’appuie sur les déclarations de la victime, corroborées par le rapport médico-légal qui fait état d’une défloraison, bien qu'ancienne. Le représentant du ministère public, Moussa Kany Condé, a requis de déclarer l’accusé coupable de viol et de le condamner à 5 ans d’emprisonnement, dont deux assortis de sursis, ainsi qu'au paiement d’une amende de 2 millions de francs guinéens.

​La partie civile avait, dans un premier temps, conditionné le maintien de son désistement au départ de la famille adoptive de l’accusé du domicile familial. N’ayant pas obtenu gain de cause, le père de la victime a renoncé à son désistement pour réclamer la somme de 10 millions de francs guinéens au titre de la réparation des préjudices.

​Prenant la parole, la défense a dénoncé un « acharnement » contre son client. Dans sa plaidoirie, l’avocat a soulevé plusieurs incohérences dans les déclarations de M’mawa Soumah :

​« Elle affirme avoir été violée le lundi 7 décembre 2025, pendant que tout le monde était au travail. Or, le 7 décembre était un dimanche. De plus, elle déclare tantôt avoir été abusée sur le lit, tantôt à même le sol », a fustigé le conseil.

​L’avocat a également souligné que la victime aurait porté plainte sous la contrainte, sur fond de querelles familiales. Il a ensuite critiqué la position de la partie civile, qui liait son désistement au départ du foyer de la mère et du père adoptif de l'accusé.

​Après avoir réitéré la thèse du complot, la défense a sollicité l’acquittement pur et simple de son client, en application de l’article 544 du Code de procédure pénale. Déterminé à blanchir l'honneur d’Aboubacar Sidiki Bangoura, l’avocat a demandé au tribunal d’appliquer les dispositions de l’article 547 en condamnant reconventionnellement la plaignante au paiement d’un franc symbolique, avant de rejeter en bloc les réquisitions du ministère public.

​L’affaire a été mise en délibéré ; la décision finale sera rendue le 15 juillet 2026.

 

 

Par ​ODD, pour Judicalex-gn.org

 

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