Lutte contre la torture en Guinée : les autorités réaffirment leur engagement en faveur des droits humains

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LeRenifleur Judicalex Guinée 26/06/2026

La Guinée a célébré, ce vendredi 26 juin, la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture à travers un atelier de sensibilisation organisé par le ministère de la Justice et des Droits de l'Homme, via la Direction nationale des Droits de l'Homme. Réunissant les forces de défense et de sécurité au Centre de formation judiciaire de Conakry, cette rencontre a permis de rappeler les obligations de l'État en matière de prévention de la torture, de protection des victimes et de promotion des droits fondamentaux.

 

 

Prenant la parole à l'ouverture des travaux, la représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) en Guinée, Kossiwa Didi, a souligné que cette journée commémore également l'entrée en vigueur de la Convention des Nations Unies contre la torture, adoptée il y a près de quatre décennies.

 

« Nous nous réunissons aujourd'hui pour marquer une date importante : l'entrée en vigueur, il y a près de quarante ans, de la Convention des Nations Unies contre la torture. Cette journée nous invite à la réflexion, mais surtout à l'action. La lutte contre la torture demeure un impératif permanent pour préserver la dignité humaine », a-t-elle déclaré.

La représentante du HCDH a salué les progrès accomplis par les autorités guinéennes, notamment les ministères de la Justice, de la Défense nationale ainsi que de la Sécurité et de la Protection civile, en vue de consolider le cadre juridique et institutionnel relatif aux droits humains et d'améliorer les conditions de détention.

Elle a également insisté sur le thème retenu cette année par les mécanismes des Nations Unies, mettant l'accent sur la nécessité d'intégrer une approche sensible au genre dans les politiques de prévention de la torture.

« Les femmes et les filles sont exposées à des formes particulières de violences, notamment lorsqu'elles sont privées de liberté ou en situation de vulnérabilité. Ces réalités exigent des réponses spécifiques et adaptées », a-t-elle expliqué.

S'adressant aux forces de défense et de sécurité, Kossiwa Didi a rappelé leur responsabilité dans la protection des populations et la consolidation de l'État de droit.

« Il est essentiel de poursuivre les efforts de formation, de renforcement des capacités et d'encadrement afin que les missions qui leur sont confiées soient exercées dans le strict respect des droits humains. »

Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité d'ouvrir des enquêtes systématiques sur toute allégation de torture ou de mauvais traitements et de garantir aux survivants un accès à des soins médicaux, à un accompagnement psychosocial ainsi qu'à des mécanismes de réparation.

Réaffirmant le soutien du HCDH à la Guinée dans cette lutte, elle a rendu hommage au courage des victimes ayant survécu à la torture.

« Nos expériences nous marqueront pour le reste de nos vies ; pourtant, nous sommes toujours debout, engagés pour la justice et déterminés à construire un monde où personne n'aura plus à subir ce que nous avons enduré. »

De son côté, la Secrétaire générale du ministère de la Justice et des Droits de l'Homme, Irène Marie Hadjimalis, a rappelé que cette journée, instituée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1997, symbolise la solidarité internationale envers toutes les victimes de torture.

 

 

« Cette journée nous offre l'occasion de réaffirmer notre attachement aux principes qui fondent tout État de droit : la dignité humaine, la justice et le respect des droits fondamentaux. »

Qualifiant la torture de pratique « absolument intolérable », elle a rappelé qu'aucune circonstance ne saurait justifier son recours.

« La torture ne peut être ni excusée, ni tolérée, ni relativisée. Son interdiction est absolue et consacrée aussi bien par le droit international que par notre législation nationale. »

La Secrétaire générale a également attiré l'attention sur la vulnérabilité particulière des femmes et des filles, appelant à intégrer pleinement la dimension du genre dans les stratégies nationales de prévention, de protection et de réparation. Évoquant les avancées enregistrées par la Guinée, elle a rappelé la ratification de la Convention contre la torture, son incrimination explicite dans le Code pénal ainsi que l'inscription de son interdiction dans la Constitution. Pour elle, ces réformes traduisent la volonté des autorités guinéennes de faire de la protection de la dignité humaine un fondement de l'action publique.

 

 

À travers cette rencontre, les autorités guinéennes et leurs partenaires internationaux ont renouvelé leur engagement à intensifier les actions de prévention de la torture, à renforcer les capacités des acteurs chargés de l'application de la loi et à garantir une meilleure prise en charge des victimes. Tous les intervenants ont convergé vers un même objectif : faire du respect de la dignité humaine, de la justice et de l'État de droit les piliers d'une lutte durable contre la torture et les mauvais traitements en Guinée.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

 

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