TPI de Dixinn / Sous couvert d'un faux projet de mariage, il viole une fillette de 12 ans : 20 ans de prison requis

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Le tribunal de première instance de Dixinn a examiné, ce jeudi 9 juillet 2026, les plaidoiries et réquisitions dans l'affaire Ibrahima Sory Camara. Ce chauffeur, qui exerce sur la ligne Sonfonia-Gare ENTA, est poursuivi pour le viol présumé de D.B., une jeune fille âgée de 12 ans au moment des faits (image d'illustration). Selon l'ordonnance du juge d'instruction, les faits remontent à l'année 2022. La victime, alors scolarisée, rejoignait régulièrement sa mère qui vendait des chaussures à la gare de Sonfonia. C'est là qu'elle a croisé la route du prévenu. Après avoir engagé la discussion, l'adolescente lui avait signifié que s'il souhaitait l'épouser, il devait formellement s'adresser à ses parents.

Ibrahima Sory Camara a alors entamé des démarches auprès de la famille. Abusée par la bonne foi du prévenu et pensant qu'il s'agissait de formalités coutumières sincères en vue d'un futur mariage, la famille lui a accordé sa confiance. Le prévenu en a profité pour obtenir le numéro de la mineure et maintenir le contact avec elle.

Le 21 novembre 2022, le prévenu invite la fillette au restaurant. Mais en cours de route, il détourne le trajet pour la conduire dans un motel de Sonfonia, baptisé « 24h Chrono », où il abuse d'elle.

À leur sortie de l'établissement, le comportement suspect de ce jeune homme accompagné d'une enfant alerte un agent de police. Interpellés et conduits au commissariat de Sonfonia, ils sont immédiatement auditionnés. Face aux enquêteurs, puis devant le juge d'instruction, Ibrahima Sory Camara reconnaît l'acte sexuel, tout en tentant de se défendre en invoquant le "consentement" de la victime.

Une ligne de défense balayée d'un revers de main par le ministère public lors de l'audience. Le procureur, Fanka Oularé, a fermement rappelé qu'en droit guinéen, le consentement d'une mineure de 12 ans est juridiquement nul :

« Il n’existe aucun fait justificatif. Il s’agit d’une atteinte grave à l’intégrité d’une enfant. Avec de tels comportements, la sécurité des mineures dans nos quartiers est mise en cause. »

Le magistrat a également insisté sur les traumatismes et les risques sanitaires majeurs encourus par la victime, notamment les risques de grossesse précoce ou de maladies sexuellement transmissibles (MST). Pour marquer la gravité du crime, le ministère public a requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle à l'encontre du chauffeur.

La défense, adoptant une posture déconcertante, voire jugée déplacée par l'assistance, n'a pas contesté la matérialité des faits. L'avocat du prévenu a tenté de plaider les circonstances atténuantes en s'appuyant sur des arguments culturels

« Dans certaines de nos communautés, dès l’entame des pourparlers traditionnels, la relation est perçue comme actée. Mon client était engagé dans ce processus », a-t-il soutenu.

Invité à s'exprimer en dernier, Ibrahima Sory Camara a formulé des regrets, affirmant avoir

« beaucoup appris » au cours de ses quatre années de détention provisoire à la Maison centrale de Conakry. Reconnaissant le caractère répréhensible de ses actes, il a imploré la clémence du tribunal.

Le jugement a été mis en délibéré.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

 

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