Hommage national à Hadja Andrée Touré : la République célèbre l'héritage d'une femme au cœur de l'histoire guinéenne

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La Guinée a rendu, ce dimanche, un dernier hommage à Hadja Andrée Touré, décédée à l'âge de 93 ans. Veuve du premier président de la République, Ahmed Sékou Touré, elle sera inhumée après la prière de 14 heures. Avant son enterrement, une cérémonie officielle organisée au Palais du Peuple de Conakry a réuni les plus hautes autorités du pays, des proches et de nombreux citoyens venus saluer la mémoire d'une personnalité qui a marqué l'histoire nationale. Organisé dans la grande salle de spectacle du Palais du Peuple, le symposium a permis de revenir sur le parcours de celle qui a accompagné les premières années de la Guinée indépendante. Les différents intervenants ont unanimement salué son rôle historique, sa dignité face aux épreuves et son attachement aux idéaux de paix et de réconciliation.

Dans son allocution, le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a décrit Hadja Andrée Touré comme « un témoin privilégié de l'histoire de la République de Guinée ». Selon lui, elle a traversé les grandes étapes de la vie politique nationale, de la colonisation à l'indépendance, puis aux différentes mutations qu'a connues le pays depuis plus de six décennies.

Pour le chef du gouvernement, la disparition de l'ancienne Première dame dépasse le cadre familial. Elle constitue, a-t-il souligné, une perte pour toute la Nation en raison de la place qu'elle occupait dans l'histoire de la République et de son statut de compagne du père de l'indépendance guinéenne. Il a estimé que l'hommage officiel décidé par le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, traduit la volonté des institutions de préserver la mémoire nationale et de renforcer le sentiment d'appartenance à une République qui rassemble tous ses citoyens.

Amadou Oury Bah a également mis en avant les efforts entrepris par les autorités de la transition pour promouvoir le dialogue et la réconciliation entre les Guinéens. Revenant sur les Assises nationales lancées en décembre 2021, il a rappelé que leurs recommandations constituent aujourd'hui l'un des principaux fondements de l'action gouvernementale en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de l'unité nationale.

Selon lui, les funérailles de Hadja Andrée Touré interviennent dans un contexte marqué par une volonté de tourner les pages les plus douloureuses de l'histoire du pays. Il a affirmé que son inhumation symbolise à la fois la disparition d'une grande figure nationale et l'ouverture d'une nouvelle étape orientée vers le pardon, la stabilité et la réconciliation entre tous les Guinéens.

La cérémonie a également été marquée par l'intervention de la Grande Chancellerie des Ordres Nationaux de Guinée. L'institution a salué une femme dont le parcours a été caractérisé par la résilience, le sens du pardon et la recherche permanente de la paix. Elle a souligné que son attitude durant les périodes les plus difficiles de l'histoire nationale demeure une source d'inspiration, notamment pour les femmes guinéennes.

Point d'orgue de cet hommage, un décret présidentiel signé le 10 juillet 2026 a été officiellement lu devant l'assistance. En reconnaissance des services éminents rendus à la Nation ainsi que de son engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et des valeurs de résilience, Hadja Andrée Touré a été élevée, à titre posthume, au grade de Commandeur dans l'Ordre National du Colatier.

Cette distinction, l'une des plus prestigieuses de la République de Guinée, vient consacrer l'héritage d'une femme dont le parcours reste intimement lié à celui de l'État guinéen depuis les premières heures de l'indépendance.

Au-delà de l'émotion suscitée par la disparition de Hadja Andrée Touré, les autorités ont voulu faire de cet hommage un moment de mémoire collective et un symbole d'unité nationale. Entre reconnaissance historique, devoir de mémoire et appel à la réconciliation, cette cérémonie a rappelé la place singulière qu'occupait l'ancienne Première dame dans l'histoire de la Guinée et la volonté affichée des institutions de préserver son héritage pour les générations futures.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

 

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