Exclusif / De l'affaire Ali Diallo au procès du 28 septembre : Abdoulaye Djibril Diallo revisite les grands procès de la Guinée

Actu 1

Dans un entretien exclusif accordé à la rédaction de Judicalex-gn.org ce jeudi 23 juillet 2026, Abdoulaye Djibril Diallo, actuel Directeur général du Centre de Formation Professionnelle en Techniques de l’Information et de la Communication (CFPTIC), est revenu sur les grands procès judiciaires qui ont jalonné l’histoire contemporaine de la Guinée.

Ancien grand reporter et témoin privilégié de plusieurs de ces audiences, il retrace les moments forts de la justice guinéenne, des années 1990 jusqu’au procès des événements du 28 septembre, qualifié de « procès du siècle » par une partie de la presse internationale.

Pour Abdoulaye Djibril Diallo, le premier grand procès ayant véritablement marqué l'opinion publique est celui de « l'affaire Ali Diallo », au début des années 1990.

« Il faut partir d'abord d'une affaire économique à caractère scandaleux qu'on avait appelée "l'affaire Ali Diallo". C'était, pour une rare fois, un cas de détournement de deniers publics qui avait été révélé au grand public. L'affaire avait fait grand bruit au point que, au niveau de la rédaction, on m'avait dépêché justement pour couvrir ce procès début des années 90 », se souvient-il.

L'ancien reporter évoque ensuite le procès des gangs, qu'il considère comme un autre tournant majeur de l'histoire judiciaire du pays.

« Il y a eu le grand procès que nous avons connu : le procès des gangs, où il y a eu des grands noms comme Denka Mansaré, Mathias Lèno... Un procès justement qui a mis la Guinée sur orbite. »

Abdoulaye Djibril Diallo est revenu également sur le procès des mutins, organisé à la suite de la mutinerie des 2 et 3 février 1996, l'un des épisodes les plus marquants de l'histoire récente de la Guinée.

« Les 2 et 3 février 1996, la Guinée a connu une mutinerie qui avait ébranlé le système avec un bilan macabre très difficile encore à digérer. Pour la première fois, des obus ont été tirés à partir du camp Alpha Yaya. Certains ont atterri au quartier Coronthie et avaient fait huit morts. Le palais présidentiel avait été attaqué et bombardé. Cela avait donné lieu à un grand procès qu'on a appelé le procès des mutins. »

Il rappelle également le rôle joué par le commissaire du gouvernement de l'époque.

« Ce procès a eu comme procureur le commissaire du gouvernement, le colonel Sama Panival Bangoura, qui s'était révélé comme un homme en tenue ayant aussi la capacité de porter le droit. »

L'entretien aborde ensuite le procès d'Alpha Condé, arrêté au lendemain de l'élection présidentielle de 1998.

« Il y a eu ensuite l'affaire Alpha Condé. On est parti d'un fait social avec le procès des gangs, puis un procès militaire avec celui des mutins. L'affaire Alpha Condé, elle, était un procès à dimension juridique et politique, du fait de la nature et du personnage d'Alpha Condé, opposant historique au système, arrêté au cours de l'élection présidentielle de 1998. »

L'ancien journaliste cite également le procès des narcos, organisé sous la transition dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara.

« C'était dans le Dadis Show. Dadis s'était imposé comme le chantre de la lutte contre les travers sociaux, notamment la lutte contre la drogue, parce que la Guinée était devenue un narco-État avec ses avions qui atterrissaient à Faranah. Le procès des narcos avait fait grand bruit et tenu beaucoup de promesses parce que plusieurs présumés trafiquants de notoriété connue avaient comparu. »

Selon lui, cette procédure avait également conduit devant la justice plusieurs hautes personnalités.

« Des personnalités de haut rang, comme des gouverneurs, avaient comparu. On a vu notamment l'ancien gouverneur de la ville de Conakry, M’Bemba Bangoura, comparaître dans cette affaire. »

Abdoulaye Djibril Diallo évoque ensuite le procès relatif à l'attaque contre le domicile du président Alpha Condé, une affaire qui avait également suscité un vif intérêt.

« Après ce procès, il y a eu le procès de l'attaque au domicile du président Alpha Condé, qui avait fait grand bruit et mis en cause des personnalités comme Bah Oury, actuel Premier ministre, ainsi que d'autres personnes qu'Alpha Condé considérait comme ayant voulu attenter à sa vie. Il y a eu aussi l'affaire AOB, avec Monsieur Fernandez à la manœuvre comme procureur. »

Enfin, il revient sur le procès des événements du 28 septembre, qu'il présente comme l'aboutissement de plusieurs décennies de grands rendez-vous judiciaires.

« Enfin, il y a eu le procès des événements du 28 septembre, liés aux faits perpétrés en 2009. Treize ans après, ces événements ont connu un retentissement particulier avec ce procès que la presse internationale a qualifié de "procès du siècle". »

À travers ce regard rétrospectif, Abdoulaye Djibril Diallo met en lumière les principales affaires judiciaires qui ont rythmé l'histoire contemporaine de la Guinée. En tant qu'ancien grand reporter ayant couvert plusieurs de ces procès, il rappelle combien ces audiences ont marqué la vie politique, militaire, économique et sociale du pays. De l'affaire Ali Diallo au procès des événements du 28 septembre, son témoignage offre un éclairage sur l'évolution de la justice guinéenne et sur les grands dossiers qui ont façonné sa mémoire collective.

 

À suivre...

 

Par Th. Y Bah et Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à commenter !

Vous devez vous connecter pour commenter cet article.


Articles similaires