Affaire du présumé viol collectif de Djoma-Balandougou : à la barre, Moussa Condé admet les faits mais réfute toute implication dans la diffusion de la vidéo

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LeRenifleur Judicalex Guinée 30/07/2026

Le procès portant sur le présumé viol collectif survenu à Djoma-Balandougou, dans la préfecture de Mandiana, s'est poursuivi ce jeudi devant le tribunal de première instance de Mandiana. Au cours de cette audience, très suivie par le public, l'audition de Moussa Condé a marqué un moment important des débats. Face au tribunal, le prévenu a reconnu avoir pris part aux faits qui lui sont reprochés. En revanche, il a catégoriquement nié être à l'origine de la diffusion de la vidéo de la scène, devenue virale sur les réseaux sociaux.

Invité à relater les circonstances des faits, Moussa Condé a livré sa version des événements. Selon ses déclarations, il jouait au football lorsqu'il a été sollicité par son coaccusé, Kallou, et la victime, Fadima, pour les accompagner à moto afin, selon lui, de permettre à cette dernière d'apprendre à conduire.

Il a expliqué qu'au cours du trajet de retour, Kallou aurait quitté la route pour se rendre dans une zone de brousse. Intrigué, il affirme lui avoir demandé la raison de ce détour, mais son compagnon lui aurait répondu de ne pas s'en mêler. Toujours selon le prévenu, Kallou aurait ensuite déclaré à la jeune femme qu'elle ne quitterait pas les lieux sans avoir une relation sexuelle avec lui, avant de lui remettre son téléphone pour filmer la scène.

Poursuivant sa déposition, Moussa Condé a indiqué que son coaccusé lui aurait ensuite demandé de participer aux faits. Il reconnaît avoir obtempéré, tout en affirmant avoir demandé par la suite que la vidéo soit supprimée.

« Après avoir filmé, il m'a demandé de toucher Fadima et je l'ai fait. Je lui ai demandé d'effacer la vidéo, mais il ne l'a jamais fait. Je ne sais pas qui l'a publiée. La vidéo était dans son téléphone. Peut-être qu'elle a été récupérée le jour du décès de son père, lorsque d'autres personnes ont utilisé son appareil », a-t-il déclaré devant la juridiction.

Le prévenu a également affirmé que Kallou aurait menacé la victime afin qu'elle garde le silence après les faits.

« Kallou lui a dit de ne pas le trahir et que, si elle parlait, elle le regretterait lorsqu'il remettrait la main sur elle. Je ne voulais pas toucher Fadima, mais il m'a forcé. Elle m'a demandé de ne pas le faire. Je reconnais que ce que nous avons fait est grave. Je demande pardon », a-t-il ajouté.

 

 

À travers ses déclarations, Moussa Condé reconnaît donc sa participation aux faits poursuivis, tout en contestant toute responsabilité dans la diffusion de la vidéo qui a suscité une vive émotion au sein de l'opinion publique. Il soutient également avoir agi sous la contrainte de son coaccusé.

Cette affaire, qui continue de mobiliser l'attention de la population, se poursuit devant le tribunal de première instance de Mandiana. Les prochaines audiences devraient être consacrées à l'audition des autres prévenus, des témoins ainsi que des parties civiles, avant les réquisitions du ministère public et la décision de la juridiction.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

 

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