Vacances judiciaires en Guinée : le Bâtonnier verrouille la trêve des avocats, entre protection de la profession et rappel à l'ordre

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Le Bâtonnier de l'Ordre des Avocats de Guinée, Maître Mamadou Souaré Diop, a signé, le 23 juillet 2026, un arrêté rendu public ce mercredi 29 juillet, encadrant strictement la période des vacances judiciaires. Le texte, qui entrera en vigueur le 1er août prochain, vise à garantir aux avocats une véritable période de repos, tout en préservant la continuité du service public de la justice. L'arrêté interdit désormais à tout avocat d'inscrire, de faire fixer ou de solliciter l'examen au fond d'une affaire impliquant un confrère bénéficiant des vacances judiciaires. Toute violation de cette disposition pourra donner lieu à des poursuites disciplinaires, conformément aux textes régissant la profession.

Des exceptions sont toutefois prévues pour les procédures présentant un caractère urgent, notamment les référés d'extrême urgence, les flagrants délits, les référés-libertés, les demandes de mise en liberté ainsi que les procédures devant les juges d'instruction et les chambres de contrôle de l'instruction.

Au-delà de son contenu, cet arrêté suscite déjà des interrogations. En Guinée, la période des vacances judiciaires est traditionnellement fixée par le Premier président de la Cour suprême et s'étend généralement sur un mois. Cette nouvelle décision du Bâtonnier apparaît ainsi comme un encadrement spécifique destiné aux avocats, avec un objectif clair : éviter que certains confrères ne profitent de l'absence de leurs collègues pour faire avancer des dossiers sensibles. Sauf que dans la pratique, les magistrats se sont alignés sur les deux mois car tous les renvois, selon les constats de nos reporters sur le terrain, sont faits pour octobre et mois suivants.

 

Cidessous, l'arreté du Barreau

 

Un rappel qui n'est certainement pas anodin. Dans les couloirs des palais de justice, il n'est pas rare d'entendre des critiques sur une forme de "course aux audiences" durant les périodes creuses. À travers cet arrêté, le Barreau semble adresser un message à peine voilé à ses propres membres : les vacances judiciaires ne doivent pas devenir une opportunité procédurale pour surprendre un confrère en congé.

Reste à voir si cette décision sera scrupuleusement respectée et si elle contribuera à instaurer une véritable culture de solidarité entre avocats, dans une profession où la confraternité est régulièrement invoquée, mais parfois mise à rude épreuve par les réalités du contentieux.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

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