Massacre de Zogota : Maître Pépé Antoine Lamah relance le combat pour justice et exige l'exécution de la décision de la CEDEAO

Actu 1
LeRenifleur Judicalex Guinée Il y'a 4 heures

Quatorze ans après le massacre qui a endeuillé le village de Zogota, dans la préfecture de N'Zérékoré, les plaies restent ouvertes. Ce mardi 4 août, familles des victimes, survivants, ressortissants du village et acteurs de la société civile se sont retrouvés autour de la fosse commune pour une journée de prières et de recueillement, transformée en un nouvel appel à la vérité, à la justice et à la réparation.

L'émotion était palpable dans cette localité du sud-est de la Guinée, théâtre, dans la nuit du 3 au 4 août 2012, d'une tragédie qui continue de marquer les esprits. Quatorze ans plus tard, les proches des victimes dénoncent toujours l'absence de procès et le non-respect des décisions de justice en faveur des survivants.

Prenant la parole au nom des parties civiles, Maître Pépé Antoine Lamah a rappelé les circonstances du drame et dénoncé l'enlisement d'une procédure judiciaire engagée depuis plus d'une décennie.

Selon l'avocat, des éléments des forces de défense et de sécurité avaient investi le village dans la nuit du massacre, ouvrant le feu sur des habitants surpris dans leur sommeil. Cette intervention s'était soldée par plusieurs morts, de nombreux blessés ainsi que des arrestations et détentions qu'il qualifie d'arbitraires.

Revenant sur le parcours judiciaire du dossier, Maître Lamah a expliqué qu'une plainte avait été régulièrement déposée devant le tribunal compétent et qu'une ordonnance de transmission avait été prise en vue de la saisine de la juridiction criminelle. Mais, malgré ces démarches, aucune suite concrète n'a été donnée.

« Nous ne savons même pas où se trouve ce dossier », a-t-il déploré.

Face à cette impasse, les victimes ont porté l'affaire devant la Cour de justice de la CEDEAO. Cette juridiction communautaire a reconnu la responsabilité de l'État guinéen pour manquement à ses obligations et a ordonné le versement d'une indemnisation aux victimes. Toutefois, selon Maître Pépé Antoine Lamah, cette décision demeure inexécutée et aucun des auteurs présumés du massacre n'a encore été traduit devant les tribunaux.

L'avocat a ainsi lancé un appel pressant aux autorités guinéennes afin qu'elles mettent en œuvre les décisions rendues par la juridiction régionale.

« Nous implorons les autorités politiques de s'impliquer afin que les 3,6 milliards de francs accordés par la Cour de justice de la CEDEAO aux victimes soient effectivement versés et que les auteurs de cette atrocité répondent enfin de leurs actes devant la justice », a-t-il déclaré.

L'édition 2026 de cette commémoration a également été marquée par une forte mobilisation des ressortissants de Zogota venus de plusieurs régions de la Guinée, réaffirmant leur détermination à poursuivre le combat pour la mémoire des victimes et l'aboutissement de la justice.

 

Par Rahamane Mo pour Judicalex-gn.org 

 

 

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à commenter !

Vous devez vous connecter pour commenter cet article.


Articles similaires