Dr Dansa Kourouma appelle les députés à placer l'intérêt supérieur de la Nation au cœur des débats

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Réunis ce lundi 3 octobre 2026 au Palais du Peuple, les députés de l'Assemblée nationale ont pris part à une séance plénière extraordinaire consacrée à l'examen de plusieurs textes majeurs. Au cœur des travaux figurent les ordonnances soumises par le gouvernement, dont la ratification est attendue, ainsi que le projet de loi d'habilitation autorisant le Président de la République à légiférer par ordonnance durant les vacances parlementaires.

Ce projet de loi prévoit d'accorder au chef de l'État le pouvoir de prendre des mesures relevant du domaine de la loi à compter de son adoption et jusqu'au 5 octobre 2026, afin d'assurer la continuité de l'action publique pendant la suspension des activités parlementaires.

À l'ouverture de cette session exceptionnelle, le président de l'Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a exhorté les députés à conduire leurs travaux avec rigueur, impartialité et dans le strict respect de l'intérêt supérieur de la Nation. Il a insisté sur la responsabilité qui incombe aux élus dans l'exercice de leur mandat, les invitant à privilégier l'intérêt général au cours des débats.

« Le peuple de Guinée attend de nous une Assemblée nationale forte, intègre, responsable, moderne, utile et portée par une démarche collective », a déclaré le président du Parlement, appelant les députés à faire preuve d'engagement et de sens des responsabilités face aux enjeux de cette session extraordinaire.

 

Ci-dessous le discours du président de l’assemblée nationale 

 

Mesdames et Messieurs,

Nous voici réunis pour une séance extraordinaire qui intervient à un moment particulier de la vie de notre jeune Assemblée nationale. Elle intervient au terme d’une première séquence parlementaire, au moment où notre institution s’apprête à observer une période de vacances, mais surtout à un moment où commence véritablement à se décider le visage de la première législature de la Vème République. Cette étape nous saurait donc être considérée comme une simple formalité de notre agenda.

Elle nous invite à regarder le chemin parcouru, à mesurer les exigences de la mission qui nous a été confiée et surtout à nous interroger sur l’Assemblée nationale que nous voulons laisser à la République indienne, car une législature ne se juge pas seulement au nombre de textes adoptés, elle se juge à la qualité du travail accompli, à la pertinence des lois portées, à la rigueur du contrôle exercé sous l’action publique, à la capacité des représentants du peuple à porter les préoccupations de la nation et plus encore à la confiance qu’ils parviennent à construire entre l’institution parlementaire et les citoyens de notre ville. Nous devons en cet instant précis nous rappeler une vérité essentielle. Nous n’avons pas été élus pour occuper que des sièges. Nous avons été élus pour exercer une mission exigeante. En effet, sachant que ces sièges ne sont pas des privilèges, ils sont en réalité des responsabilités qui pèsent sur nos épaules chaque jour et chaque instant. Ils ne nous appartiennent pas. Ils appartiennent symboliquement au peuple souverain de Guinée, qui nous les appartient. Derrière chacun de ces sièges, il y a une circonscription, une communauté, une jeunesse qui espère, des hommes et des femmes qui comprennent les enjeux et les défis de notre société, des agriculteurs qui attendent le long des résultats concrets, des fonctionnaires qui s’impatientent d’une meilleure qualité de vie, des entrepreneurs qui attendent le long des lois qui les encadrent, des familles qui aspirent à de meilleures conditions de vie. Honorable député, la confiance placée en cette législature est considérable. Elle vient d’abord du peuple de Guinée, qui nous a confié une partie de sa souveraineté.

Mais cette confiance s’inscrit également dans une dynamique institutionnelle plus large, portée au plus haut niveau de l’État, par la volonté de M. le Président de la République, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya de faire de nos institutions des instruments solides au service de la transformation de notre pays. Cette confiance nous démontre la vérité. Et la meilleure manière de la mériter, c’est, ce n’est pas de chercher à démontrer que nous sommes individuellement les meilleurs. C’est de démontrer que nous sommes capables de faire fonctionner collectivement une institution à la hauteur de la République. Car le peuple de Guinée attend de nous une Assemblée nationale forte, intègre, responsable, moderne, utile et portée par une démarche collective. Il attend de ses représentants de comprendre, contrôler, légiférer, proposer et prendre en compte. Et surtout, finalement, avec une obligation de réédition du compte. Il attend de nous moins de posture, mais davantage de travail. Moins de bruit, davantage de résultats. Moins de personnalisation, davantage de fauteurs institutionnels. Notre responsabilité est donc double. Nous devons être dignes, j’y parviens, de la confiance du peuple. Et cela exige de chacun de nous une véritable culture parlementaire. Voilà pourquoi notre mandat ne peut être réduit à la présence dans les disciples, être dévoué, c’est porter digne part de la conscience nationale. Nous avons devant nous la possibilité historique de construire une Assemblée nationale qui ne soit pas seulement nouvelle par son statut, mais véritablement nouvelle par ses pratiques, son éthique, son professionnalisme et sa relation avec les citoyens. Vénérables députés, notre mandat s’exerce autour de quatre responsabilités indissociables. La première est de légitimer. Nous ne sommes pas appelés à produire une inflation normative, mais à élaborer des lois utiles, justes, applicables et adaptées aux réalités de notre pays. Une bonne loi est celle qui reçoit un problème concret, protège les libertés, favorise le développement et renforce la confiance des citoyens dans l’État.

La deuxième responsabilité aux noirs députés est de contrôler l’action gouvernementale. Ce contrôle n’est ni une défiance systématique, ni une complaisance de principe. Il constitue une exigence démocratique, destinée à garantir la bonne utilisation des ressources publiques, l’efficacité des politiques publiques et le respect des engagements pris devant la nation par le gouvernement. La troisième responsabilité consiste à évaluer les politiques publiques. Voter une loi ne suffit pas. Encore faut-il s’assurer qu’elle produit les effets attendus. Le Parlement moderne ne mesure pas uniquement son efficacité au nombre de lois adoptées, mais aussi à sa capacité d’apprécier l’impact réel sur la vie des populations. Et lorsque c’est nécessaire, envie de les améliorer. Enfin, une quatrième responsabilité, c’est de représenter la nation toute entière. Si chacun de nous est tenu dans une circonscription déterminée, nous devrions, dès notre installation, les représenter de l’ensemble du public.

Notre devoir est d’écouter toutes les composantes de la nation, de favoriser le dialogue, de rechercher le consensus chaque fois que possible et de toujours placer l’intérêt supérieur de la République au-dessus des intérêts particuliers. C’est dans ce cas-ci que j’entends exercer, avec le bureau de l’Assemblée nationale, la responsabilité que vous nous avez confiée. Le président de l’Assemblée nationale n’est pas seulement le président des sciences plénières, il est le gardien du règlement intérieur, le garant de la continuité de l’institution, le protecteur des droits et des prérogatives de chaque député, ainsi que le garant de l’équilibre entre les différents organes de notre Assemblée. Il nous revient d’assurer le bon fonctionnement des commissions permanentes, de veiller à la qualité de notre production législative, de garantir un débat parlementaire serein, contradictoire et respectueux. Et de faire rayonner notre Parlement sur la scène internationale. Nous devions faire en sorte que chaque projet ou proposition de loi fasse l’objet d’un examen approfondi en commission, d’une audition des acteurs concernés, d’une analyse de ses incidences juridiques, économiques, sociales, financières et environnementales, ainsi que d’une évaluation de son application après son entrée en vigueur. Car une loi ne vaut pas seulement par son adoption, elle vaut surtout par les changements positifs qu’elle produit dans la vie de nos concitoyens. Être président de l’Assemblée nationale, ce n’est pas être le chef d’une majorité, c’est avant tout l’arbitre des procédures et le garant des droits de tous les députés. Cette conception exigeante de la fonction inspire l’action que je souhaite conduire avec vous dans un esprit d’impartialité, de dialogue, de responsabilité et de fidélité à la Constitution et aux logements intérieurs. C’est dans cet esprit que je souhaite que nous abordions cette séance extraordinaire. Elle porte sur des questions importantes. L’examen et la ratification des ordonnances transmises par le gouvernement, mais également l’examen et l’adoption du projet de loi d’habilitation, autorisant le président de la République à prendre par ordonnance des mesures relevant du domaine de la loi pendant la période des vacances parlementaires jusqu’au 5 octobre 2006. A nos collègues qui vivent leur première expérience parlementaire, je voudrais m’adresser particulièrement à vous. Vous êtes nombreux à découvrir pour la première fois les exigences, les codes, les mécanismes du travail parlementaire. Cette première expérience est une chance, mais elle constitue également une responsabilité. Être député ne consiste pas seulement à prendre la parole à l’hémicycle. Être député, ce n’est pas seulement voter une loi. Être député, ce n’est pas seulement représenter une circonscription ou porter les préoccupations de ses électeurs. Être député, c’est avant tout comprendre l’État, maîtriser les institutions, connaître les règles et les mesures de chaque décision prise au nom du peuple.

C’est pourquoi je vous invite à faire de cette période de vacances parlementaires un mouvement d’appropriation. En considérant la Constitution comme votre première référence, le règlement intérieur comme votre guide quotidien et les lois de la République comme les fondements de votre action parlementaire, maîtriser les procédures législatives, connaître vos prorogatifs, mais aussi vos devoirs est une condition essentielle pour exercer pleinement votre mandat. D’ailleurs, je voudrais une autre mandat. Comme le rappelait Édouard Faure, je cite, les institutions ne valent que par les femmes et les hommes qui les font vivre. Félicitations. Faisons donc de notre culture institutionnelle, de notre discipline républicaine et de notre quête permanente d’excellence, les véritables marques de cette première législature de la Ve République. Honorable député, les deux textes soumis à notre appréciation aujourd’hui revêtent une importance particulière dans le fonctionnement régulier de notre institution. J’invite donc chacune et chacun d’entre vous à apporter ces travaux avec objectivité, discernement et un attachement constant à l’intérêt supérieur de la Nation. Au moment d’engager nos travaux, éléments fermes aux français, verbes très hauts, je prie Dieu dans son infini sagesse d’éclairer nos consciences, d’inspirer nos délibérations et de guider chacune de nos décisions vers ce qui est juste et bénéfique pour notre Nation, qu’il préserve l’esprit des concordes au sein de cette Assemblée, raffermisse notre sens du devoir et nous accorde la lucidité nécessaire pour prendre des décisions, conformes aux aspirations profondes du peuple de Guinée. J’inspire bénir nos travaux, protéger notre pays, consolider la paix, renforcer l’unité nationale et accompagner la Guinée sur le chemin du progrès, de la justice et de la prospérité partagées sous le leadership de son Excellence, Monsieur le Président de la République. Sous ces mots, je déclare ouvert les débats relatifs au point inscrit à l’ordre du jour et je vous remercie.

 

 

Par Rahamane Mo,  pour Judicalex-gn.org 

 

 

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