Kindia : l’OPROGEM renforce les capacités de ses OPJ face aux défis de la traite des personnes

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LeRenifleur Judicalex Guinée 11/08/2026

Un atelier consacré à la vulgarisation de la loi spéciale sur la traite des personnes, du Code de l’enfant révisé et à l’amélioration des pratiques judiciaires a débuté ce lundi 10 août 2026 à Kindia. La formation réunit 45 officiers de police judiciaire (OPJ) de l’OPROGEM venus de plusieurs régions administratives de la Guinée.

La salle de réunion du gouvernorat de Kindia a abrité, ce lundi, la cérémonie officielle de lancement de cet atelier de renforcement des capacités. La rencontre s’est déroulée en présence des autorités administratives locales, des officiers de police judiciaire ainsi que des responsables de l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM).

La cérémonie a été présidée par le gouverneur de la région administrative de Kindia, le Contrôleur général de police Mamadou Camara. Dans son intervention, il a mis l’accent sur l’ampleur des phénomènes liés à la migration et aux violations des droits de l’enfant en Guinée.

« La lutte contre les migrations et la protection de l’enfant sont devenues des phénomènes très récurrents sur l’ensemble du territoire national. Nous avons vu sur le littoral aujourd’hui, et partout, les migrants, chacun veut traverser, chacun veut quitter, mais les conséquences sont très énormes encore. Et de l’autre côté, du point de vue des infractions sur les enfants, nous constatons que généralement, ce sont les couches les plus vulnérables qui sont toujours exposées », a-t-il déclaré.

Face à ces enjeux, le gouverneur a invité les participants à accorder une attention particulière aux différentes thématiques inscrites au programme, afin de renforcer leur efficacité dans l’exercice de leurs missions.

« Vu la sensibilité du sujet, nous avons exhorté l’ensemble des participants, mais aussi monsieur l’animateur, de faire en sorte que les participants quittent ici avec une satisfaction totale. Une satisfaction totale par la connaissance qui va leur être indiquée, mais aussi les différentes stratégies à mener sur le terrain pour l’identification des auteurs, mais aussi les premières mesures que, en tant qu’officiers de police judiciaire, ils doivent prendre pour que les suspects soient traduits devant les tribunaux », a-t-il exhorté.

Pour le commissaire divisionnaire de police Amara Sylla, directeur général adjoint de l’OPROGEM, cette session vise principalement à mettre à niveau les cadres de l’institution sur les nouvelles dispositions légales relatives à la traite des personnes et à la protection de l’enfant.

Il s’agit également, selon lui, d’améliorer et d’harmoniser les méthodes de rédaction des rapports et comptes rendus produits par les services concernés.

« Nous voulons que tous nos cadres soient au même niveau de formation et que la rédaction de nos différents actes soit uniformisée. Quand on parle de la traite des personnes, du trafic illicite d’immigrants, ce sont des infractions nouvelles que nos communautés ont connues, même sur le plan international. Ce sont donc de nouvelles normes qui se présentent. Il faudrait que la police se conforme à cela. C’est pourquoi nous parlons de la spécificité », a-t-il expliqué.

Le responsable de l’OPROGEM a également souligné la nécessité pour les forces de sécurité de faire évoluer leurs méthodes face aux nouvelles formes de vulnérabilité, notamment celles auxquelles sont exposées les femmes et les jeunes filles sur les réseaux sociaux.

Prévue pour durer cinq jours, la formation regroupe au total 45 participants issus de différentes régions administratives du pays. Plusieurs thématiques seront abordées au cours des travaux.

Mamadou Saliou Dramé, magistrat et consultant chargé de l’animation de l’atelier, a présenté les principaux modules retenus. Selon lui, les échanges porteront essentiellement sur le Code de l’enfant guinéen révisé et la loi spéciale relative à la traite des personnes.

« Nous aurons deux grands modules à dérouler. Il s’agit premièrement de parler de la vulgarisation du Code de l’enfant guinéen révisé, d’une part, et d’autre part, de la loi spéciale sur la traite des personnes. Ce sont deux thèmes extrêmement importants pour les officiers de police judiciaire à travers le projet, pour que l’on puisse comprendre quelle est la nature des infractions qui peuvent être commises, ainsi que la conduite à tenir par les officiers de police judiciaire », a-t-il fait savoir.

Le magistrat estime que cette formation intervient dans un contexte particulièrement préoccupant, marqué par la persistance de nombreuses atteintes aux droits de l’enfant.

« Aujourd’hui, notre pays traverse beaucoup d’événements, notamment cette violation des droits de l’enfant. Vous voyez souvent des violations des droits de l’enfant à travers des brutalités, des actes qui sont inhumains, cruels, parfois qui vont jusqu’à la mort des enfants. Donc, il faudra expliquer aux officiers de police judiciaire quels sont les droits et surtout quels sont les devoirs de l’enfant. Deuxièmement, à travers la loi spéciale sur la traite des personnes, il s’agit de lutter contre les trafiquants », a-t-il rappelé.

 

À travers cette initiative, l’OPROGEM entend ainsi contribuer au renforcement des compétences de ses officiers de police judiciaire, à l’harmonisation de leurs pratiques professionnelles et à une meilleure prise en charge des infractions liées à la traite des personnes et aux violations des droits de l’enfant.

 

Par Rahamane Mo,  pour Judicalex-gn.org 

 

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