Kankan - Koba : le parquet détaille la procédure judiciaire engagée après une plainte pour vol

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LeRenifleur Judicalex Guinée 11/08/2026

Quelques jours après les tensions enregistrées à Koba, une localité située à une quinzaine de kilomètres de Kankan, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keïta, a livré sa version des faits. Le magistrat est revenu sur l’origine de la procédure judiciaire, les conditions dans lesquelles plusieurs personnes ont été interpellées ainsi que les incidents survenus lors de l’intervention des forces de sécurité. Selon les explications du procureur, l’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par un citoyen de Koba au commissariat central de Kankan. Le plaignant faisait états de fait présumés de vol avec effraction et de vol commis en réunion. Des faits que le parquet a retenus sous la qualification de vol aggravé.

Dans le cadre de l’enquête préliminaire, plusieurs personnes auraient été identifiées ou citées dans le dossier, notamment à la suite de témoignages recueillis par les enquêteurs. Des convocations leur auraient alors été adressées afin qu’elles puissent être entendues par les officiers de police judiciaire.

Toutefois, certaines des personnes convoquées auraient refusé de se présenter. Face à leur absence, le parquet indique avoir délivré une réquisition aux forces publiques afin de permettre leur comparution, conformément aux dispositions légales en vigueur.

Les forces de sécurité se sont ensuite rendues à Koba avec pour mission d’interpeller quatre personnes visées par la procédure. Une seule d’entre elles aurait été appréhendée lors de cette première opération, tandis que les trois autres auraient réussi à prendre la fuite.

L’intervention aurait par la suite provoqué des mouvements de tension dans la localité. D’après le procureur, des jeunes auraient érigé des barricades sur la voie publique, perturbant ainsi la circulation.

Face à cette situation, des éléments de la gendarmerie ainsi que de la Brigade anti-criminalité (BAC) ont été mobilisés afin de rétablir l’ordre.

Au cours de l’intervention, 17 personnes ont été interpellées puis conduites à la Brigade de recherches de Kankan. Elles étaient notamment soupçonnées de violences, de troubles à l’ordre public et d’opposition à l’exercice des fonctions d’un agent public, selon les éléments communiqués par le parquet.

Après l’examen individuel de leur situation, 16 personnes ont finalement été remises en liberté.

Le procureur explique que les éléments recueillis au cours de l’enquête ne permettaient pas de retenir des charges suffisantes contre elles. Le plaignant aurait notamment précisé aux enquêteurs que certaines de ces personnes se trouvaient sur les lieux en qualité de témoins et n’avaient pas fait obstacle à l’intervention des forces de l’ordre.

Le parquet a ainsi décidé de leur libération en application du principe de l’opportunité des poursuites.

La situation de Laye Diawara demeure, en revanche, distincte selon le parquet. D’après le procureur Fodé Bintou Keïta, les éléments recueillis tendraient à établir sa participation aux actes d’opposition à la force publique ainsi qu’à l’installation de barricades sur la voie publique.

Le magistrat précise toutefois que Laye Diawara avait subi une fracture à un doigt. Pour cette raison, il a été remis à sa famille afin de recevoir les soins nécessaires. Il reste néanmoins tenu de répondre de ses actes devant la justice lorsqu’il sera requis de le faire. S’agissant de la procédure initiale, le procureur indique que le principal suspect aurait, lui aussi, refusé de répondre aux convocations des officiers de police judiciaire.

Une fois la procédure transmise au parquet, les enquêteurs et le ministère public auraient procédé à l’examen des différents éléments à charge et à décharge.

Selon Fodé Bintou Keïta, les charges réunies étaient suffisamment importantes pour justifier le placement du principal suspect en détention ainsi que l’orientation de la procédure en flagrant délit, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.

Le mis en cause est notamment poursuivi pour des faits présumés de vol aggravé. Selon les éléments présentés par le parquet, il lui est reproché d’avoir participé, avec d’autres individus, à l’effraction du domicile du plaignant, au vol d’environ 150 matelas ainsi qu’à la dégradation de plusieurs biens.

Le parquet affirme également que des vidéos ont été remises aux enquêteurs et intégrées à la procédure. Selon le procureur, ces images permettraient notamment d’identifier l’un des suspects.

Cette identification aurait par ailleurs été confortée par les déclarations du gardien des lieux, qui a lui aussi été entendu dans le cadre de l’enquête. Le procureur rappelle néanmoins que la procédure judiciaire est toujours en cours. Les personnes mises en cause demeurent donc couvertes par la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’une éventuelle décision de justice définitive établisse leur responsabilité.

Après les tensions enregistrées lors des opérations d’interpellation, le procureur assure que la situation est désormais revenue au calme à Koba. Le parquet maintient avoir agi dans le strict cadre de ses prérogatives légales, tant dans le traitement de la plainte initiale que dans la gestion des incidents ayant accompagné l’intervention des forces de sécurité. Le dossier relatif aux faits présumés de vol aggravé doit désormais poursuivre son cours devant la juridiction compétente.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

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