Justice en Guinée : un atelier de deux jours pour renforcer les capacités des acteurs de la chaîne pénale

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Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a présidé ce lundi à Conakry l’ouverture d’un atelier de deux jours consacré au renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale en matière de protection des droits humains, des victimes et des témoins, ainsi qu’à la prévention et à la répression des discours de haine et de l’incitation à la violence. La rencontre mobilise 406 acteurs judiciaires et pénitentiaires, parmi lesquels 64 magistrats, 21 avocats, 220 officiers de police judiciaire et 102 agents pénitentiaires. Elle vise à renforcer leurs connaissances sur les garanties fondamentales applicables à chaque étape de la procédure pénale et à contribuer à l’émergence d’une justice davantage fondée sur l’État de droit et le respect des droits fondamentaux.

Pendant ces deux jours, les participants seront appelés à échanger autour de plusieurs thématiques, notamment la protection des droits humains dans la chaîne pénale, le cadre juridique applicable aux discours de haine et à l’incitation à la violence, la protection des victimes et des témoins, l’éthique professionnelle, la lutte contre l’impunité, ainsi que les techniques d’enquête, l’administration de la preuve et la complémentarité entre les différents acteurs de la justice pénale.

Dans son discours d’ouverture, le Garde des Sceaux a salué l’accompagnement des partenaires techniques et financiers, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Fonds de consolidation de la paix (PBF). L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet d’appui à la promotion et à la protection des droits de l’homme pour la consolidation de la paix en Guinée.

S’adressant aux professionnels de la chaîne pénale, Ibrahima Sory II Tounkara a rappelé l’importance de leur mission et l’impact de leurs décisions sur la vie des citoyens.

 

 

« Vous êtes les garants de cette justice, vos décisions quotidiennes ont un impact direct sur la liberté, la sécurité et la vie de nos concitoyens. »

Le ministre a expliqué que le programme de renforcement des capacités vise avant tout à améliorer la qualité du travail des professionnels de la justice et à les accompagner dans l’exercice d’une mission qu’il qualifie de « noble » et de « délicate ».

Il a également appelé les participants à privilégier une approche pratique et interactive durant les travaux, en mettant à profit leurs expériences, leurs bonnes pratiques et les difficultés rencontrées dans l’exercice quotidien de leurs fonctions.

La protection des victimes et des témoins figure parmi les principales priorités évoquées au cours de l’atelier. Pour le ministre, une justice crédible ne peut être pleinement efficace si les personnes victimes d’infractions craignent de nouvelles violences ou représailles lorsqu’elles cherchent à obtenir justice.

« Une victime doit pouvoir dénoncer les faits et accéder à la justice sans subir de nouvelles violences, menaces, intimidations ou représailles », a-t-il déclaré.

Il a ainsi plaidé pour le renforcement des mécanismes d’accueil, d’orientation, d’assistance et de protection des victimes et des témoins à toutes les étapes de la procédure judiciaire, depuis l’enquête jusqu’au prononcé de la décision.

La question revêt une importance particulière pour les personnes en situation de vulnérabilité, dont les besoins spécifiques doivent, selon le ministre, être davantage pris en compte dans le processus judiciaire.

L’autre axe majeur des travaux concerne la prévention et la répression des discours de haine et de l’incitation à la violence, dans un environnement où les technologies de l’information et les réseaux sociaux occupent une place de plus en plus importante.

Ibrahima Sory II Tounkara a reconnu le rôle essentiel de ces outils dans la formation, l’information, la communication et l’expression citoyenne, tout en mettant en garde contre leur utilisation à des fins de diffusion de messages haineux, discriminatoires ou appelant à la violence.

Face à ce phénomène, le ministre préconise une réponse à la fois ferme, responsable et mesurée, dans le strict respect de l’État de droit et des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression.

Il estime nécessaire de distinguer clairement l’expression légitime d’une opinion des comportements qui, au regard de la loi, peuvent constituer une incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence.

 

Cette exigence implique, selon lui, une meilleure maîtrise des normes juridiques et des mécanismes permettant aux professionnels de la chaîne pénale de qualifier correctement les faits.

« Le présent atelier répond précisément à cette nécessité », a-t-il souligné.

 

Pour Abdoulaye Yattara, Directeur national des Droits de l’Homme au ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, la promotion et la protection des droits humains reposent nécessairement sur l’existence d’une justice solide et efficace. Il a notamment cité les procureurs, les juges et les officiers de police judiciaire, qu’il considère comme les principaux acteurs de la chaîne pénale et les « chevilles ouvrières de la justice ».

Selon lui, les échanges prévus durant l’atelier doivent permettre aux différents professionnels de confronter leurs expériences et leurs pratiques afin de parvenir à une meilleure harmonisation des procédures et à une compréhension commune du traitement des délits, crimes et autres infractions.

Le Représentant résidant du PNUD, Abdoul Latif Haidara, a pour sa part réaffirmé l’engagement des partenaires à accompagner la Guinée dans le renforcement de l’État de droit, l’amélioration de la gouvernance judiciaire et la promotion des droits humains.

 

 

Il a présenté le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale comme un investissement stratégique pour l’avenir du pays, estimant que la qualité de la réponse judiciaire joue un rôle déterminant dans la confiance des citoyens envers les institutions.

À travers cet atelier, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme entend ainsi renforcer les compétences des différents maillons de la chaîne pénale et améliorer leur coordination.

 

 

Au-delà de la formation professionnelle, l’objectif affiché est de consolider une justice capable de garantir les droits fondamentaux, de mieux protéger les victimes et les témoins et de répondre efficacement aux discours de haine et à l’incitation à la violence, tout en préservant l’État de droit et les libertés publiques. Le ministre a enfin invité les participants à prendre une part active aux travaux afin que les échanges contribuent concrètement à l’amélioration du fonctionnement de la justice guinéenne.

 

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

 

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