La Chambre nationale des huissiers de justice tient son assemblée générale et annonce de nouvelles initiatives

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LeRenifleur Judicalex Guinée 14/08/2026

La Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée a tenu, ce vendredi 14 août 2026, son assemblée générale dans l’une des salles d’audience du tribunal de première instance de Dixinn, en présence de l’ensemble de ses membres. Cette rencontre a notamment permis au bureau de présenter son rapport d’activités et son rapport financier des six derniers mois, mais aussi d’échanger sur plusieurs projets visant à rapprocher davantage la profession des justiciables.

À l’ouverture des travaux, le président de la Chambre nationale des huissiers de justice, Maître Camara Aboubacar, a rappelé que la tenue de deux assemblées générales par an est prévue par le décret portant statut des huissiers.

 

 

« Les huissiers doivent dans l'année tenir deux assemblées générales. C'est-à-dire chaque six mois, nous devons tenir une assemblée générale pour expliquer aux membres de la Chambre les activités menées par le bureau qui les représente », a-t-il expliqué.

Au cours de cette session, le rapport financier et le rapport d’activité ont été présentés aux membres. Plusieurs questions d’ordre professionnel ont également été abordées, notamment la volonté du bureau de mettre en place des représentants régionaux et leurs adjoints à l’intérieur du pays.

Selon Maître Camara Aboubacar, cette initiative vise à « approcher la Chambre Nationale des Huissiers des justiciables ». Ces représentants auront notamment pour mission de vulgariser la profession, d’expliquer aux populations le rôle de l’huissier et de servir de relais auprès des pouvoirs publics et des médias locaux.

« Ils vont vulgariser la profession d'huissier, c'est-à-dire expliquer à la population, être près des pouvoirs publics de l'intérieur, expliquer aux populations qui on appelle huissier parmi les hommes de robe, qu'est-ce qu'il fait comme travail », a-t-il précisé.

Le président de la Chambre a également évoqué la possibilité d’intervenir dans les radios rurales, notamment dans les langues du terroir, afin de mieux faire connaître la profession et ses missions.

Cette démarche s’explique, selon lui, par le nombre encore insuffisant d’huissiers à l’intérieur du pays. « Les huissiers ne sont pas tellement nombreux, il faut le reconnaître, surtout à l'intérieur », a-t-il indiqué. Il explique que la création de chambres régionales, pourtant prévue par les textes, reste difficile dans le contexte actuel en raison du faible effectif des professionnels.

L’assemblée générale a également permis de revenir sur la question des frais d’exécution des décisions de justice. Cette problématique avait déjà été soulevée lors d’une session de formation organisée les 30 et 31 juillet 2026.

Maître Camara Aboubacar souhaite qu’une concertation soit engagée entre les différents acteurs concernés, notamment le Parquet, les huissiers, les avocats et, si nécessaire, les juges, afin de déterminer un montant pour ces frais.

« Ce sont nos clients, les bénéficiaires des différentes décisions rendues par nos cours et tribunaux, qui supportent ces frais qui sont payés à la police et à la gendarmerie », a-t-il souligné.

L’objectif est donc de parvenir à une meilleure harmonisation et à une meilleure compréhension de ces frais liés à l’exécution des décisions de justice. Parmi les activités présentées figurent également la formation et l’intégration de nouveaux professionnels. Des jeunes recrutés à l’issue d’un concours ont suivi une formation théorique d’un an, conformément au décret. Ils sont actuellement répartis dans différents cabinets d’huissiers titulaires pour effectuer leur stage pratique de deux ans avant de pouvoir exercer en qualité de titulaires.

La Chambre a par ailleurs reçu à Conakry, au mois de mai dernier, le président de l’Union internationale des huissiers, Marc Schmitz, ainsi que son vice-président congolais, Jean-Didier. Cette visite a notamment permis des rencontres avec le Garde des Sceaux, les membres de la Cour suprême et l’ensemble des huissiers de Guinée.

D’autres échéances internationales ont également été évoquées, notamment des formations prévues en novembre à Brazzaville, la formation de l’ERFOJ qui doit être organisée en Guinée en 2027, ainsi que le Congrès de l’Union internationale des huissiers prévu à Lisbonne le 30 avril 2027.

La situation financière de la Chambre a aussi été présentée aux participants. Alhassane Bangoura, responsable de la communication des Huissiers de Guinée, a expliqué que l’assemblée générale avait notamment pour objectif de rendre compte de l’utilisation des ressources de la Chambre.

« Chaque année chaque huissier cotise 1 500 000 pour sa cotisation annuelle, et c'est leur argent », a-t-il rappelé, précisant que d’autres ressources proviennent notamment des visas d’exécution et des ordres de mission.

« Il faut faire le compte rendu aux gens pour qu'ils sachent qu'est-ce que vous avez utilisé, qu'est-ce que vous avez fait avec l'argent. Donc on a fait le compte rendu financier, tout le monde est satisfait », a-t-il affirmé.

Le président de la Chambre a, de son côté, rappelé le caractère obligatoire du paiement des cotisations. Les huissiers qui ne seront pas à jour à la fin du mois pourraient faire l’objet d’une interdiction d’exercer, conformément aux dispositions du décret.

La question de la connaissance du métier par les populations a également occupé une place importante dans les échanges. Alhassane Bangoura estime que les huissiers restent encore « un peu méconnus à l'intérieur du pays », où ils sont parfois confondus avec les procureurs ou les avocats.

Pour lui, la mise en place de représentants locaux doit permettre de corriger cette méconnaissance.

Revenant sur les principales missions de la profession, il a résumé le rôle de l’huissier en une formule « L'huissier est la porte d'entrée et la porte de sortie de la justice. »

 

 

Il rappelle que l’huissier est notamment chargé d’exécuter les décisions de justice, de poser les actes introductifs d’instance, de procéder aux recouvrements amiables et judiciaires et de signifier les actes de procédure.

Sur la question de l’exécution des décisions de justice, le responsable de la communication de la Chambre affirme qu’une amélioration est perceptible dans les relations avec le Parquet général et les parquets d’instance.

« Avant c'était un peu compliqué d'obtenir la réquisition au niveau du parquet général ou bien des parquets d'instance, mais à date, la Chambre Nationale et le Parquet Général travaillent de concert », a-t-il déclaré.

Selon lui, lorsqu’un dossier est présenté, les parties se réunissent pour l’examiner. « Si le dossier est valable, aussitôt le procureur signe la réquisition et nous aussi on se met à la tâche pour procéder à l'exécution », a-t-il ajouté.

 

 

À travers cette assemblée générale, la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée entend poursuivre la modernisation et la professionnalisation du métier, tout en renforçant sa proximité avec les justiciables. Entre la présentation des rapports, la formation des jeunes recrues, le rappel des obligations financières, l’amélioration de la collaboration avec le Parquet et la volonté d’installer des représentants à l’intérieur du pays, le bureau dirigé par Maître Camara Aboubacar affiche ainsi l’ambition de rendre la profession davantage connue et accessible à la population. La mise en œuvre de ces différentes initiatives devrait surtout permettre de mieux faire comprendre le rôle de l’huissier dans la chaîne judiciaire et de renforcer l’effectivité de l’exécution des décisions de justice.

 

Par Rahamane Mo, pour Judicalex-gn.org

 

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