TPI de Kaloum ! Une conversation dans un taxi peut-elle conduire en prison ? un an de prison requis contre Seydouba Soumah

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LeRenifleur Judicalex Guinée 23/09/2026

Le procès de Seydouba Soumah et d’Ibrahima Camara, poursuivis pour « tentative de trouble à l’ordre public », s’est poursuivi ce mercredi 23 septembre 2026 devant le tribunal de première instance de Kaloum. Il leur est reproché d’avoir tenu, à Conakry, dans un taxi, des propos susceptibles de troubler l’ordre public.

L’audience de ce mercredi a été consacrée aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries de la défense. Le procureur Issouf Fofana a demandé au tribunal de renvoyer Ibrahima Camara des fins de la poursuite. En revanche, il a requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme contre Seydouba Soumah.

Les deux prévenus ont été interpellés à la suite de propos qu’ils auraient échangés dans un taxi.(image d'illustration).

Ces propos faisaient notamment allusion à un éventuel « affrontement sanglant » qui, selon eux, pourrait survenir en Guinée entre octobre et novembre. C’est dans ce contexte qu’ils ont été interpellés puis poursuivis devant le tribunal correctionnel de Kaloum. À la barre, les deux prévenus ont plaidé non coupables.

Dans ses réquisitions, le représentant du ministère public, Issouf Fofana, a d’abord précisé devant le tribunal que cette affaire était, selon lui, « loin d’être une affaire politique », mais relevait plutôt d’une question de sécurité nationale.

« Aujourd’hui, dans les cafés, dans les stades, on ne parle que de cette affaire. J’ai lu avec intérêt les commentaires des gens sur la publication de l’article dans les médias nationaux, et même sur RFI. Mais cette affaire n’a rien à voir avec la politique. Elle n’a rien à voir avec un parti politique. C’est une question de sécurité nationale », a-t-il déclaré.

Poursuivant son intervention, le procureur a estimé que les faits étaient imputables à Seydouba Soumah et non à Ibrahima Camara. Il a ainsi demandé au tribunal de renvoyer ce dernier des fins de la poursuite, considérant que le délit n’était pas établi à son encontre.

En revanche, il a requis que Seydouba Soumah soit retenu dans les liens de la prévention du délit de « tentative de trouble à l’ordre public » et condamné à un an d’emprisonnement ferme.

Pour étayer ses réquisitions, le procureur s’est notamment appuyé sur les propos qui auraient été tenus par les deux hommes dans le taxi.

« Les faits sont constitutifs de l’infraction. Le chauffeur, qui est en fuite, a dit qu’il avait un grand qui travaillait au Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA). Ce dernier lui aurait dit qu’entre les mois d’octobre et de novembre, il y aurait un affrontement sanglant en Guinée. Et Seydouba Soumah, qui était assis à côté du chauffeur, a répondu : “Oui ! Moi aussi, j’ai appris ça. C’est pourquoi je cherche au moins 20 millions pour envoyer à ma pauvre maman en Côte d’Ivoire.” Cela veut dire qu’il est convaincu qu’il y aura un bain de sang. Il se préparait. »

Le procureur a poursuivi en estimant qu’une forme de planification était en cours :

« Il y avait une planification qui était mise en place. Deux personnes venant d’horizons différents ont parlé de la même chose dans un taxi. Ils ont parlé des mois d’octobre et de novembre. Il y avait un début d’exécution, il se préparait. »

Au terme de ses réquisitions, le ministère public a donc demandé au tribunal de renvoyer Ibrahima Camara des fins de la poursuite pour délit non établi à son encontre et de déclarer Seydouba Soumah coupable des faits de « tentative de trouble à l’ordre public ».

Pour la répression, le procureur a requis un an d’emprisonnement ferme contre Seydouba Soumah.

Le tribunal a finalement mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 30 septembre 2026.

 

Par Sadialiou Barry, pour Judicalex-gn.org 

 

 

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