Dans le cadre d’une tournée d’inspection entamée en Haute-Guinée après des étapes à Dabola et Kouroussa, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, s’est rendu ce mercredi à Siguiri à la tête d’une importante délégation.

Fidèle aux usages, le garde des Sceaux a débuté sa visite par les autorités morales de la ville. Reçu par le patriarche et les sages de Siguiri, le ministre a exposé les orientations de sa mission, menée sur instruction du président de la République, le général Mamadi Doumbouya. La rencontre s’est conclue par des bénédictions pour la paix et la stabilité nationale.

La délégation s'est ensuite rendue à la maison d’arrêt locale pour examiner les conditions de détention et le fonctionnement de l’établissement. Sur place, le ministre a pris note de l'avancement des infrastructures, marquées par la mise en service récente de trois nouveaux blocs destinés à réduire la surpopulation pénitentiaire.

Face au personnel judiciaire, Ibrahima Sory II Tounkara a fermement rappelé l'exigence d'accélérer les procédures. Il a enjoint les procureurs à programmer plus rapidement les audiences et invité les juges d’instruction à privilégier le contrôle judiciaire face à la détention provisoire. « La liberté reste le principe et la détention l'exception », a-t-il insisté.

Transparence tarifaire et lutte contre les coûts abusifs

Lors de son passage au Tribunal de première instance (TPI) de Siguiri, en présence des autorités locales, le ministre a livré un message de fermeté et de réforme aux magistrats et auxiliaires de justice :

« Il faut que le fonctionnement de la justice change, qu'elle soit accessible et qu'elle réponde aux attentes du peuple de Guinée. »

Pour concrétiser cette accessibilité, le ministre a exigé l'affichage public et obligatoire des tarifs officiels des actes judiciaires, fixés par arrêté interministériel. Il a également dénoncé le coût excessif des frais de transport judiciaire, souvent dissuasif pour les citoyens les plus vulnérables. Tout en prenant acte des contraintes matérielles remontées par les agents de la chaîne pénale, le garde des Sceaux s'est engagé à y apporter des solutions graduelles.

 

 

S'exprimant au titre du volet Droits de l'Homme de son portefeuille, le ministre a réaffirmé la volonté gouvernementale d'humaniser le milieu carcéral. Il a notamment rappelé que la mesure de grâce présidentielle accordée le 2 octobre dernier intègre un accompagnement civique et social ciblé, visant une réintégration durable des bénéficiaires dans le tissu national.

 

 

Cette immersion à Siguiri fixe le cap des réformes judiciaires en cours : une justice financièrement lisible, des délais réduits, un recours mesuré à l'incarcération et une prise en charge plus humaine des détenus.

 

Par Rahamane Mo,  pour Judicalex-gn.org