En visite au tribunal de première instance de Kankan ce vendredi 9 octobre 2026, le ministre de la Justice et des Droits de l’homme est monté au créneau contre les dérives financières et l'arbitraire qui minent l'institution. Devant un parterre de magistrats et d'officiers de police judiciaire (OPJ), le Garde des Sceaux a fermement dénoncé les montants jugés exorbitants de certains frais de transport judiciaire, souvent disproportionnés par rapport aux distances réelles parcourues une pratique opaque qui asphyxie financièrement les justiciables les plus vulnérables.

 

 

Pour contrer cette précarisation de l'accès à la justice et mettre un terme aux surfacturations, le ministre a exigé l'application stricte des tarifs réglementaires établis par arrêté conjoint du ministère de la Justice et du ministère de l'Économie et des Finances. Cette tarification officielle concerne l'ensemble des actes judiciaires et administratifs courants, notamment les extraits de casier judiciaire, les certificats de nationalité, les jugements supplétifs d'acte de naissance, les actes de mariage ou de décès, ainsi que les expéditions de décisions de justice.

Afin de garantir une transparence totale, le ministre a ordonné l'affichage immédiat et visible de ces coûts officiels dans tous les points stratégiques du tribunal.

« Vous allez demander aux chefs de greffe d’afficher ça un peu partout ici, à la porte, à l’entrée et dans tous les endroits visibles du tribunal, pour que ceux qui viennent demander ces actes sachent effectivement combien coûte un certificat de nationalité, un casier judiciaire, une expédition », a-t-il fermement instruit.

Outre les dysfonctionnements internes, le Garde des Sceaux a ciblé la présence de démarcheurs illégaux aux abords du tribunal, accusés d'escroquer les citoyens en leur réclamant des sommes indues pour de simples démarches.

« Quand on met un franc dessus, c’est une arnaque… Vous êtes le premier responsable de ce tribunal. Vous devez veiller », a-t-il lancé aux responsables juridictionnels, les sommant de prendre l'intégralité de leurs responsabilités.

Au-delà de l'aspect financier, le ministre a rappelé aux magistrats et OPJ les exigences d'éthique, de rigueur et d’impartialités inhérentes à leurs fonctions. S'insurgeant contre toute forme d'arbitraire, il a souligné avec véhémence le rôle républicain de l'institution

« La justice est rendue au nom d’un peuple. La justice n’est pas rendue pour un juge. Un juge ne peut pas s’asseoir et faire comme il veut, penser comme il veut. »

 

 

En appelant à des décisions conformes aux lois, rendues dans des délais raisonnables et rigoureusement exécutées, le ministère remet les responsables du tribunal de Kankan face à leurs devoirs : rétablir la confiance et garantir une justice équitable, transparente et accessible à tous.

 

Par Rahamen Mo, pour Judicalex-gn.org